L’Indonésie, comme la Malaisie, a déposé des recours devant l’Organisation mondiale du commerce, OMC, pour arbitrer le conflit commercial qui les oppose à l’Union européenne sur les restrictions européennes à l’utilisation des biocarburants à base d’huile de palme. « Cette dispute a affecté notre relation », a reconnu le jeudi 3 juin 2021 le diplomate européen Josep Borrell au cours d’un briefing après des rencontres officielles à Jakarta.

« L’accord de libre-échange est un accord plus large, un accord complet qui doit toucher à tous les secteurs de l’économie, pas un seul. Donc, je suis sûr que l’on va être capables de trouver une solution. […] Soit par nous-mêmes, par le groupe de travail que nous avons créé [qui a commencé à se réunir récemment], soit par l’OMC », a poursuivi le chef de la diplomatie européenne.

L’Union européenne a commencé il y a six ans les négociations pour un accord de libre-échange avec l’Indonésie, avec qui les échanges ont baissé à 20,7 milliards d’euros l’an dernier.

« L’Union européenne n’a rien contre l’huile de palme »

Dans le cadre de la directive « Red II », l’Union européenne a décidé que le biocarburant à base d’huile de palme n’entrerait pas en compte dans ses objectifs concernant l’utilisation d’énergies renouvelables en 2030, ce qui devrait aboutir à restreindre son usage. Mais les deux plus grands pays producteurs d’huile de palme estiment que ces restrictions sont « discriminatoires » et risquent de pousser vers la pauvreté des milliers d’agriculteurs.

« L’Union européenne n’a rien contre l’huile de palme », a souligné Josep Borrell, notant que les importations de l’huile végétale par l’Union européenne avaient augmenté de 26 % l’an dernier en valeur.

« Il y a sentiment de discrimination ». Donc, l’Union européenne va rendre publique la façon dont elle calcule l’impact de chaque biocarburant sur l’environnement, dans un souci de transparence, a précisé le diplomate.

L’huile de palme est l’huile végétale la plus utilisée au monde et un ingrédient clé dans une large gamme de produits allant des aliments aux cosmétiques. Mais les défenseurs de l’environnement l’accusent de favoriser la déforestation, d’immenses pans de forêt tropicale d’Asie du Sud-Est et de favoriser les émissions de gaz à effet de serre.

Avec l’AFP