Climat

Organisée quelques mois après la COP 21, la conférence environnementale s’était notamment penchée sur la lutte contre le changement climatique. Il a été décidé d’« établir des bilans de gaz à effet de serre pour chacun des secteurs des filières agricoles, de la forêt et du bois, en tenant compte des émissions induites et évitées, directement ou indirectement ».

L’outil Climagri développé par l’Ademe et mis en œuvre par les chambres d’agriculture notamment, sera largement utilisé. Une attention sera portée particulièrement à l’évaluation de l’impact des MAEC sur les émissions de gaz à effet de serre. La vulnérabilité du secteur agricole au changement climatique sera également étudiée par des outils de diagnostic local déployés par l’Ademe.

Eau

Faisant suite à la réforme territoriale qui redistribue les compétences des collectivités, une nouvelle stratégie sera mise en place. La protection des 1 000 captages prioritaires sera « renforcée » : charge à une instruction gouvernementale, prévue pour la fin de l’année, de décrire les solutions à mettre en place.

Pour « optimiser l’usage de l’azote minéral », la feuille de route souhaite encourager le développement des légumineuses, des engrais verts et de toutes les techniques agroécologiques permettant de maintenir la fertilité des sols.

Le gouvernement mise également sur les premiers retours du plan « Énergie Méthanisation Autonomie Azote » pour promouvoir la valorisation des digestats de méthanisation à la place d’azote minéral.

Artificialisation

Appelant de ses vœux des « stratégies foncières durables pour lutter contre l’artificialisation des sols », le gouvernement promet d’accompagner les collectivités dans la planification de l’espace, en misant notamment sur la création des observatoires régionaux de consommation de l’espace agricole, naturel et forestier. Il souhaite également préserver et développer l’agriculture urbaine et périurbaine, par la création de ZAP (zones agricoles protégées), et le développement des projets alimentaires territoriaux (PAT).

Alimentation

Outre les PAT, qui visent tout autant à rapprocher les producteurs des consommateurs qu’à promouvoir une alimentation de qualité, d’autres mesures peuvent encourager à la marge la production agricole nationale, voire locale. Ainsi, l’objectif d’exemplarité de l’État et des administrations se traduit notamment par une réforme des marchés publics qui vise à encourager les achats sur des critères environnementaux (modes de production, proximité…).

Phytosanitaires

En plus d’un programme de surveillance de la santé des abeilles, plusieurs mesures portent sur l’utilisation de produits phytosanitaires. Il est prévu de développer la surveillance de phytos dans l’air extérieur, d’améliorer l’information aux populations, et la surveillance de l’exposition des riverains d’espaces agricoles. Outre le plan Ecophyto 2 et sa déclinaison régionale, l’objectif de retrait des néonicotinoïdes, examiné dans le projet de loi sur la biodiversité, est mentionné, tout comme le retrait des AMM de produits à base de chlorpyriphoséthyl.

Le gouvernement rappelle les positions qu’il souhaite porter au niveau européen : définition des perturbateurs endocriniens, réévaluation du glyphosate, interdiction des coformulants dangereux… Le gouvernement prévoit aussi de mettre en place un projet de recherche et d’innovation sur les alternatives aux phytos et d’organiser la séparation des activités de conseil et de vente de produits.

Bérengère Lafeuille