« L’avenir n’est pas que dans les grandes métropoles », martèle Vanick Berbérian, président de l’Association des maires ruraux (AMR) ce 12 octobre 2017 lors d’une conférence de presse à Paris. En rencontrant ce jeudi à Paris Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires, les représentants des élus ruraux ont milité en faveur d’une loi-cadre en faveur de la ruralité. Car leur obstacle majeur, au-delà des contraintes budgétaires, reste l’organisation pyramidale menée par la Haute Administration « au nom de l’idée dogmatique, et fausse, de l’économie d’échelle ».

« Fiers du lien social »

Des idées que partage sûrement, mais sans pouvoir vraiment l’exprimer, Jacques Mézard, qui s’est opposé, en tant que sénateur à la loi sur la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République). Pour les élus, il faut une loi de programmation et de financement en faveur du développement des territoires ruraux pour leur redonner du pouvoir et de la vitalité. « Les maires sont fiers du lien social privilégié qu’ils entretiennent avec leurs administrés », insistent les maires. N’oublions pas qu’un tiers de la population française, soit 22 millions d’habitants, vit à la campagne.

« L’eau coûtera plus cher »

À l’occasion de leur congrès annuel à Poullan-sur-Mer (Finistère), le 1er octobre dernier dans le Finistère, l’Association des maires ruraux a également adopté trois autres motions, plus techniques :

  • Préserver les contrats aidés pour les collectivités,
  • Rendre accessible à l’ensemble du territoire le prêt à taux zéro (PTZ) pour l’investissement immobilier,
  • Ne pas obliger à transférer la compétence « eau et assainissement » aux EPCI (établissements publics de coopération intercommunale).

Sur ce dernier sujet, Michel Fournier, maire des Voivres dans les Vosges et vice-président de l’AMR, ne décolère pas : « La gestion de l’eau dans les territoires ruraux est quasi systématiquement faite par des bénévoles, ce qui permet d’avoir des coûts très bas. Si cette compétence est transférée aux EPCI obligatoirement, le process sera beaucoup plus cher. » Un non-sens pour ces élus, qui aimeraient bien qu’on reconnaisse leur savoir-faire. « Cette décision est emblématique : elle touche à la liberté des communes de s’administrer. On ne nous croit pas assez grand pour décider », se désole Vanick Berbérian.

Sophie Bergot