L’excédent brut d’exploitation (EBE) d’un agriculteur est en moyenne 35 % plus élevé que celui d’un autre travailleur indépendant pour les entreprises individuelles ou unipersonnelles de moins de vingt salariés.

Une publication d’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, de décembre 2021, montre qu‘en 2018 les exploitants agricoles dégagent en moyenne un EBE de 41 550 € contre 30 700 € pour les autres indépendants.

Mais il existe des disparités selon les catégories d’indépendants. En détail, l’EBE d’un dirigeant d’une petite entreprise industrielle est de 33 170 €, celui d’un restaurateur hôtelier est de 29 040 € et celui d’un charcutier, d’un boulanger, ou d’un pâtissier est de 42 850 €.

Le groupe des agriculteurs se différencie par un fort besoin en capital pour « une durée de rentabilité potentiellement longue » et une moindre charge de main-d’œuvre. Un agriculteur investit 2,83 fois plus de capital, et dépense 3,25 fois moins en charges de personnel.

Plus de capital et moins de charges de main-d’œuvre

Pour produire 10 000 € de valeur ajoutée agricole annuelle, l’exploitant a besoin de

55 640 € d’actif là où il ne faut que 19 290 € pour un indépendant du secteur industriel,

20 330 € pour un restaurateur hôtelier ou encore 13 650 € pour un charcutier ou un boulanger.

En revanche, un indépendant qui travaille dans l’immobilier doit investir 71 770 € d’actifs pour produire 10 000 € de valeur ajoutée, soit 1,3 fois plus qu’un agriculteur.

Les entreprises du secteur agricole nécessitent 1 760 € de charges de personnel pour produire 10 000 € de valeur ajoutée, alors qu’elles représentent en moyenne 5 715 € pour les autres membres du groupe étudié.

Sur l’échantillon étudié des entreprises unipersonnelles de moins de 20 salariés, les agriculteurs ont des charges de personnel moyennes de 9 340 € contre 8 120 € pour les hôteliers restaurateurs, ou 13 530 € pour les boulangers, pâtissiers, charcutiers, qui ont un revenu brut proche de celui des agriculteurs.

Importance des subventions dans l’EBE

L’étude relève que l’EBE moyen des agriculteurs serait 1,5 fois plus faible que celui des autres indépendants si le montant des subventions perçues n’était pas pris en compte.

En 2018, pour le groupe étudié des structures unipersonnelles de moins de vingt salariés, une exploitation agricole a reçu en moyenne 21 190 € d’aides alors que la majorité des autres indépendants n’en perçoit pas (470 € en moyenne en lien avec des aléas exceptionnels).

Marie Salset