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Les chambres d’agriculture prévoient l’après confinement

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Souveraineté alimentaire - Les chambres d’agriculture prévoient l’après confinement
Le président de l’APCA, Sébastien Windsor a dévoilé quelques axes de la stratégie portée par les chambres d’agriculture à plus ou moins long terme. © A. Marcotte/GFA

Interrogé par La France Agricole, Sébastien Windsor, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), a dévoilé quelques axes de la stratégie qu’il compte défendre auprès du ministère de l’Agriculture pour soutenir le secteur post-confinement.

« La crise du Covid a mis le focus sur la situation de dépendance de l’alimentation française et l’importance de relocaliser la production », explique Sébastien Windsor. Ainsi, l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) a établi une stratégie pour renforcer la souveraineté alimentaire du pays et accompagner la sortie de crise à plus ou moins long terme. L’occasion pour son président d’en évoquer quelques points avec La France Agricole.

Vers plus de territorialisation

« Il faut répondre à l’attente de nos concitoyens sur du produit local et français. […] Je ne vois pas comment on peut répondre à cette demande de nos concitoyens, si nous n’avançons pas sur le sujet de l’étiquetage », souligne Sébastien Windsor.

« C’est la base pour que nos concitoyens puissent avoir cet acte de consommation engagé et responsable », précise-t-il. Pour lui, l’obligation de l’étiquetage de l’origine des produits doit se poursuivre sur les produits transformés vendus en grandes surfaces, mais aussi dans la restauration collective.

Sur les règles de commandes publiques, l’APCA souhaite introduire le critère de proximité dans les critères d’offres, une stratégie qui pourrait s’intégrer dans la politique européenne de la fourche à la fourchette, selon Sébastien Windsor. Ce dernier souligne également le travail d’accompagnement qui va se poursuivre entre les chambres d’agriculture, les municipalités ou les communautés de communes pour réaliser des PAT (plan alimentaire territorial) et ainsi permettre d’intensifier la relocalisation de l’alimentation.

Un enjeu qui passe également par le rapprochement entre urbains et ruraux et l’élargissement des échanges entre ces deux mondes. Une stratégie à plus long terme, qui consiste en partie à accueillir des jeunes sur des exploitations agricoles. Sébastien Windsor évoque notamment la possibilité d’intégrer des visites sur le terrain dans le cursus scolaire des élèves du primaire.

De nouvelles relations de vente

Les relations avec la grande distribution ont été chamboulées pour surpasser la crise du Covid-19. Certaines enseignes se sont tournées vers le réseau des chambres d’agriculture pour « jouer le jeu d’ouvrir leurs portes à des producteurs locaux et aussi pour répondre à la demande des consommateurs face à un acte patriotique en période de crise », confie Sébastien Windsor. Ce dernier souligne que les liens entre producteurs et distributeurs ont pu être facilités par des procédures plus simples, « j’espère continuer. C’est en train de se mettre en route. Nous avons eu la promesse que les agriculteurs référencés le resteraient ».

Autre chamboulement pour la vente en circuits courts, les drives. L’APCA a noté une explosion des drives fermiers durant la crise : +60 à +80 % des commandes habituelles avec des volumes qui ont doublé. L’accompagnement des agriculteurs et la mise en place d’outils simples pour faire le lien avec le client, notamment par l’utilisation du numérique, font partie des missions portées par les chambres d’agriculture.

Harmonisation des règles

Pour préserver l’agriculture française et la souveraineté alimentaire, le président de l’APCA est clair : « Il faut imposer les mêmes règles à nos concurrents », que ce soit sur l’utilisation de produits phytosanitaires ou les règles en termes de bien-être animal.

« Nous devons également pousser pour une harmonisation au niveau européen des charges salariales, insiste Sébastien Windsor. La loi sur les travailleurs détachés a biaisé le système et amené des distorsions de concurrence. »

Un secteur pourvoyeur d’emplois

« L’agriculture française est pourvoyeuse d’emplois. Nous sommes utilisateurs de main-d’œuvre étrangère, il faut qu’on fasse tout pour offrir ces emplois aux chômeurs français », ajoute le président de l’APCA dont l’ambition est d’accompagner la relance économique du pays.

Un travail sur l’image de l’agriculture est nécessaire pour que les volontaires puissent venir travailler sur les exploitations françaises. Concernant le droit du travail, l’APCA estime qu’il faudrait aménager celui-ci aux exigences et aux particularités de l’agriculture, « les règles sont inadaptées à la profession agricole, notamment sur les heures de travail. Il faut que la législation soit adaptée aux travaux agricoles liés à la météo », explique le président.

A. Gambarini
    L’après-11 mai

    Le réseau Chambre prépare l’après-11 mai 2020, date du déconfinement. Même si 100 % du personnel ne reviendra pas dans les chambres et poursuivra leur activité en télétravail, certains conseillers repartiront sur le terrain. C’est le cas notamment pour les déclarations Pac, où des rendez-vous pourront être pris, sous couvert du bon respect des gestes barrières.

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