« Nos producteurs vont se retrouver dans des situations très difficiles prochainement. Leurs épouses ou époux travaillant à l’extérieur vont se retrouver sans revenu (les restaurateurs et artisans) ou avec des revenus très inférieurs à leur salaire. Certaines banques ne veulent pas renégocier les prêts personnels car la femme ou le mari est agriculteur ! », a lancé le Modef dans un communiqué du jeudi 2 avril 2020. Le syndicat tire la sonnette d’alarme et est particulièrement critique à l’égard des mesures de soutien aux entreprises prises par le gouvernement pour faire face à la crise liée au coronavirus Covid-19.

Le critère du chiffre d’affaires pointé du doigt

Les agriculteurs seraient exclus de ces mesures « car ils ne peuvent pas justifier d’avoir perdu 50 % de leur chiffre d’affaires du mois de mars 2020 par rapport au mois de mars 2019 » dans la mesure où ils ont continué à vendre leur production alors que « les prix ont baissé énormément », selon le syndicat.

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Les jeunes installés en 2020 ne pourraient pas non plus en bénéficier en l’absence d’exploitation agricole et de chiffre d’affaires en 2019. Pour remédier à ces manques, le Modef « exige que le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation prévoie des mesures spécifiques aux paysans ». Le syndicat demande notamment l’activation du fonds national de gestion des risques agricoles par le biais du régime des calamités agricoles et la mise en place de prêts de trésorerie à 0 % auprès des banques.

Il milite également sur la possibilité de réaliser des déclarations Pac « par papier » et que le droit à l’erreur vis-à-vis de l’Administration soit activé pour les déclarations Pac de 2020, dont la date limite de dépôt a d’ailleurs été reportée par le ministère de l’Agriculture au 15 juin 2020.

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Alexis Marcotte