« Plus d’un tiers des exploitations sont des sociétés de grandes tailles qui investissent, s’agrandissent et se diversifient, notamment avec la production d’énergie », souligne Alain Tourdjman, directeur des études économiques du groupe Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE). Ses résultats sont issus d’un sondage réalisé en mars 2021 avec l’institut BVA, auprès de 1 359 chefs d’exploitations agricoles et viticoles de taille moyenne et grande, rendu public le 20 juillet 2021.

« Ces exploitations ont des stratégies de croissance : elles cherchent à atteindre une taille critique et un niveau de productivité élevé, poursuit Alain Tourdjman. Elles sont souvent dirigées par des agriculteurs assez jeunes et dotés d’outils de production plus développés, qui adoptent des logiques de PME. »

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Ce premier type d’exploitants se distingue de deux autres profils, selon l’observatoire :

  • Le groupe des « stables », qui représentent plus de 40 % des exploitants : ces agriculteurs plus âgés, avec des exploitations plus petites, sont peu enclins à modifier leur modèle.
  • Le groupe des agriculteurs engagés dans la diversification (vente directe, transformation, tourisme) et très sensibles à l’agroécologie. Ils rassemblent 20 % des agriculteurs sondés.

12 % des sociétés ont un investisseur extérieur

Parmi les agriculteurs interrogés, 49 % sont sous forme sociétaire (3 points de plus qu’en 2019), soit 660 répondants. Et dans une société sur dix, il y a un investisseur extérieur. « Dans 12 % des exploitations en société, au moins une personne qui ne travaille pas sur l’exploitation et qui n’appartient pas à la famille, est présente au capital », relève l’enquête.

Un autre élément atteste du changement de gouvernance qui s’amorce en agriculture : 18 % des agriculteurs dans une exploitation sous forme sociétaire sont prêts à accepter un investisseur minoritaire pour des investissements importants, soit 9 % des agriculteurs au global.

Sophie Bergot