Les ministres européens de l’agriculture se sont réunis en conseil informel à Coblence, en Allemagne, pour échanger sur les « enseignements à tirer de la crise sanitaire » pour le secteur agricole et agroalimentaire. L’information du consommateur sur l’origine des produits, leur qualité nutritionnelle et le bien-être animal a également été au menu des discussions.

Sécurité alimentaire avant tout

« La crise n’est pas encore terminée », a insisté le Commissaire Wojciechowski en introduction de son discours. D’où l’importance de « discuter des leçons à tirer, afin d’éviter de répéter d’éventuelles erreurs ». Il retient de la crise qu’une bonne coopération et coordination entre toutes les parties prenantes de la chaîne alimentaire est plus que jamais nécessaire, tout comme la transparence de l’information sur les marchés. Il s’est également opposé à tout repli protectionniste, jugeant que « le commerce international est une partie de la solution et non une partie du problème quand on traite de sécurité alimentaire ».

Le ministre français, présent sur place mardi, a pour sa part rappelé son attachement à « la souveraineté alimentaire au niveau européen, qui repose sur le bon fonctionnement du marché unique, sur la sécurisation des approvisionnements et le développement de l’autonomie stratégique de secteurs comme les protéines végétales ».

Information du consommateur

Sur le volet de l’information aux consommateurs, le commissaire européen a indiqué être « pleinement conscient » des attentes des consommateurs, mais s’est inquiété des impacts que pourrait avoir, sur le fonctionnement du marché unique, un élargissement de l’étiquetage obligatoire de l’origine.

Conformément à la stratégie de la Ferme à la table, il a indiqué que la Commission allait étudier la possibilité d’étendre l’indication de l’origine à certaines catégories de produits. « Toute proposition de la Commission sera précédée d’une analyse des impacts qu’elle pourrait avoir sur le secteur agroalimentaire, en particulier sur les agriculteurs et consommateurs », a-t-il précisé.

Sur l’étiquetage nutritionnel, également au menu de la stratégie de la Ferme à la table, des discussions restent à mener avec tous les acteurs de la chaîne afin de définir une forme d’étiquetage appropriée. De la même manière, une information des consommateurs sur le bien-être animal est souhaitée par la Commission, mais nécessite de travailler sur les différentes options possibles. Une étude externe sera lancée par la Commission durant le premier semestre 2021. Par ailleurs, Janusz Wojciechowski a rappelé qu’une révision de la réglementation sur le bien-être animal, notamment sur le transport des animaux et leur mise à mort, est au programme de Bruxelles.

Étiquetage obligatoire

Tout en exprimant son adhésion au principe d’une information éclairée du consommateur sur les différents thèmes abordés (origine, nutrition, bien-être animal), Julien Denormandie a « plaidé pour une approche harmonisée au niveau européen ». Le ministre français a par ailleurs rappelé à ses homologues allemand et italien, lors de rencontres bilatérales, son attachement à l « ambition environnementale de la Pac qui doit reposer sur des critères communs à tous les États membres, pour éviter toute distorsion de concurrence ».

Intervenant également à l’occasion de ce sommet informel, le Copa Cogeca, représentant les syndicats majoritaires des agriculteurs européens et leurs coopératives, a livré son point de vue sur les enseignements à tirer de la crise. À savoir trois points : sécurité alimentaire de l’Union, compétitivité de l’agriculture et revenu décent pour les agriculteurs. Le président du Copa Cogeca a émis en revanche de fortes réserves sur les projets d’étiquetage lié au bien-être animal, craignant que les retombées économiques pour les éleveurs ne couvrent pas les investissements.

B.Lafeuille