« Nous recherchons 300 personnes à temps plein en 2018, pour assurer le remplacement des chefs d’exploitation et d’entreprises agricoles. Le nombre de demandes a explosé en 2017, et la tendance se poursuit en 2018 », explique Luc Pierron, administrateur du service de remplacement, lors d’une conférence de presse organisée le 18 janvier 2018. Car malgré la crise, l’activité continue à croître au sein du réseau qui compte 13 000 agents aujourd’hui, pour 75 000 chefs d’exploitation adhérents.

Un besoin plus marqué dans les zones d’élevage

La demande est en recrudescence sur toute la France et concerne les productions végétales et animales. Avec, cependant, un besoin plus marqué dans les zones d’élevage. « Dans les Pays de la Loire notamment, on recherche une soixantaine de CDI ». Les départements de la Haute-Loire et de la Loire sont aussi particulièrement en attente.

En plus de postes en CDI, les services de remplacement recherchent plusieurs centaines de CDD pour assurer les missions imprévues et de courte durée, ainsi que les remplacements d’été ou intervenant lors de pics d’activité.

Étudiants et reconvertis

« Plus que des diplômés, nous recherchons surtout des gens avec de l’expérience. Des hommes comme des femmes, qui ne représentent aujourd’hui que 20 % de notre effectif. Des étudiants mais aussi des personnes en reconversion. Nous disposons aujourd’hui de partenariats pour former ceux qui n’auraient aucun acquis en agriculture. Les compétences techniques ne doivent pas être un frein. En revanche, l’autonomie et l’esprit d’initiative sont des atouts importants. »

Car, la finalité de la mission est bien de remplacer l’agriculteur sur son exploitation. Cependant, le candidat n’est pas lâché seul du jour au lendemain. « Le service de remplacement assure son suivi et le choix de ses missions. Nous faisons en sorte de l’affecter au départ sur des missions simples, nous avançons crescendo avec lui, en fonction de son profil. » Par ailleurs, une visite de deux heures sur l’exploitation est réalisée avant le remplacement.

Le métier évolue

Pour développer l’attractivité du métier, les services de remplacement proposent désormais à leur agent un espace web personnel, afin de gérer en ligne et sur tout support, leurs missions de remplacement : leur planning, les profils des exploitations sur lesquelles ils s’apprêtent à travailler, les demandes d’absence…

Autre nouveauté : les salariés peuvent bénéficier d’un coffre-fort numérique dans lequel « ils recevront tous leurs documents administratifs dématérialisés et depuis lesquels ils signeront en un clic leurs contrats de travail avec une signature électronique », reprend Luc Pierron.

La moitié des agents de remplacement ont pour objectif de s’installer. Le remplacement est un levier non négligeable du renouvellement des générations. « Il peut aussi être un choix de carrière, poursuit-il. Et c’est de plus en plus le cas. »

Rosanne Aries