« Amélioration de la sécurité alimentaire, des moyens de subsistance et de la durabilité environnementale », tels sont les objectifs déclarés du soutien public à l’agriculture. Bien que ce dernier ait augmenté dans la plupart des pays du monde, son efficacité est limitée, conclut l’OCDE (1) dans son rapport « Politiques agricoles : suivi et évaluation 2021 » publié le 22 juin 2021 (2).

Même constat pour l’Union européenne, dont le soutien aux producteurs est semblable à la moyenne des pays membres de l’OCDE (19 % des recettes agricoles brutes contre 18 %). Le point en quatre lignes directrices sur l’évaluation des mesures de l’Union européenne et les recommandations émises dans le rapport.

  1. Les aides exceptionnelles ne sont pas adaptées

    Point noir sur les « nombreuses aides exceptionnelles » de l’Union européenne. Leur nombre démontre, selon l’OCDE, « soit que la panoplie actuelle d’outils de gestion des risques n’est pas adaptée face à des événements catastrophiques, soit que les mécanismes incitatifs supposés encourager l’utilisation des outils existants sont mal conçus. »

    L’organisation invite les responsables publics à discuter avec les parties prenantes, afin d’établir des mesures plus efficaces. « En gardant à l’esprit que la perspective de bénéficier d’aides exceptionnelles non définies n’encourage pas à investir dans la gestion des risques », ajoute-t-elle.

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  2. Pac : changer l’approche pour atteindre les objectifs environnementaux

    Pour l’OCDE, les propositions actuelles pour la Pac « continuent de favoriser les aides portant sur un seul produit (sous la forme de soutien couplé facultatif), [alors qu’il a été] démontré qu’elles faussaient les marchés et [pouvaient] aggraver la situation environnementale. »

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    L’organisation suggère que « l’élimination progressive des programmes connus pour contribuer à des résultats environnementaux négatifs […] pourrait améliorer la cohérence de la Pac avec la stratégie « De la ferme à la table ». […] Cette approche serait une première étape importante à prendre en compte dans les plans nationaux afin de réaliser les ambitions environnementales actuelles. »

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  3. « De la ferme à la table » : seuls les objectifs sont bons

    Les objectifs de la stratégie de l’Union européenne « De la ferme à la table » et la stratégie en faveur de la biodiversité vont dans la bonne direction. « En revanche, la manière dont les objectifs choisis sont susceptibles d’agir sur la productivité générale et la durabilité n’est pas claire. De plus, les stratégies devraient mettre davantage l’accent sur la nécessité d’améliorer la gestion de l’eau comme condition préalable au renforcement de la durabilité et de la résilience », juge l’OCDE.

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  4. Les efforts de relance après le Covid-19 sont salués

    En 2020, une grande partie de l’action publique a aidé le secteur agroalimentaire à faire face aux répercussions du Covid-19, fait remarquer l’OCDE, qui salue « les efforts de relance à long terme décidés par l’Union européenne [pour] construire un secteur agricole plus résilient ».

    « Néanmoins, la crise a aussi multiplié les appels à une réévaluation de l’état de préparation de l’Union européenne face à la crise de la sécurité alimentaire », relève l’organisation. Les responsables publics doivent donc, selon elles, « éviter des mesures qui pourraient freiner les [intentions] d’adapter et de transformer les secteurs d’activité pour gérer les chocs futurs ».

Raphaëlle Borget

(1) OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques.

(2) Le rapport concerne 38 pays membres de l’OCDE (dont le Costa Rica, qui a adhéré à l’Organisation en mai 2021), l’Union européenne dans son ensemble et de grandes économies émergentes : Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Philippines, République populaire de Chine, Ukraine et Viêt-nam.