Cette demande fait actuellement l’objet d’une partie de ping-pong entre les administrations. Vers le début de juillet, espérant répondre au déficit de fourrages chez les éleveurs, la FNSEA 76 a écrit à la DDT pour obtenir le droit de récolter les jachères du département avant le 31 août. La DDT renvoie alors la balle à la Commission Européenne : elle seule peut accorder cette dérogation. Entre-temps, d’autres départements font la même demande. Devant l’ampleur du phénomène, le siège de la FNSEA décide alors d’envoyer une demande au ministère, afin que ce dernier interpelle Bruxelles.

Une enquête en cours

La Commission, le 12 juillet dernier, a déjà accordé cette dérogation à d’autres pays de l’Union Européenne en raison de sécheresses aggravées. « Un processus est en cours, explique Sylvain Lhermitte, chef du service politiques agricoles et internationales de la FNSEA. Le ministère de l’agriculture a lancé une enquête dans les DDT. » Avec les résultats de l’enquête, la France pourrait faire alors partie des prochains pays à pouvoir récolter ses jachères.

Un temps administratif rallongé par l’été

Mais les exploitants n’ont pas le temps d’attendre : ils doivent trouver du fourrage rapidement. « On veut récolter avant qu’il ne soit trop tard, explique Simon Huet, de la FNSEA 76. Mais tout est en train de griller. » L’enquête, si elle se prolonge, n’aura bientôt plus de sens. Non seulement parce que l’été aura eu raison des prairies, mais également parce que, d’ici quatre semaines, les exploitants n’auront plus besoin de l’autorisation de l’Europe.

Ivan Logvenoff