La traque des sangliers s’intensifie. Alors que le gouvernement a autorisé les chasseurs à réguler les espèces coupables de dégâts aux cultures pendant le confinement, il a levé partiellement l’interdiction du piégeage des sangliers. C’est le sens de l’arrêté publié ce 19 novembre 2020 au Journal officiel. En 2019, 85 % des 46 millions d’euros des dégâts aux cultures indemnisés étaient imputables aux sangliers.

Une autorisation individuelle décernée par le préfet

Seuls les lieutenants de louveterie étaient jusque-là autorisés à poser des pièges. Le préfet peut désormais déroger à cette interdiction dans les zones à forte concentration de dégâts sur proposition du président de la fédération départementale des chasseurs. Le piégeage de la bête noire pourra être autorisé au propriétaire ou au titulaire du droit de destruction (le propriétaire ou le fermier lorsque celui-ci n’a pas décidé de le déléguer à un chasseur ou à une association communale de chasse agréée). L’arrêté ajoute que l’animal doit être mis à mort par balle d’un calibre adapté, immédiatement après la relève du piège.

Des cages aux barreaux métalliques

Une mesure qui satisfera sans doute les agriculteurs de l’Ardèche qui plaidaient pour l’assouplissement de l’interdiction. La même année, un groupe d’agriculteurs de l’Aude avait pu poser des cages à sanglier dans leur département avec l’autorisation du préfet et d’un lieutenant de louveterie à qui revenait la charge d’euthanasier les animaux capturés.

Plus récemment, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage a eu recours à ce dispositif l’année dernière, à la frontière belge, comme moyen de prévention à la peste porcine africaine.

Alexis Marcotte