Après avoir bâché le stand, une quarantaine de manifestants ont notamment brandi des banderoles réclamant « un revenu pour tous les paysans » ou « sauvons l’élevage avec des producteurs nombreux ».

Les EGA en ligne de mire

Les membres de la Confédération paysanne ont exprimé leur déception quant au volet « répartition de la valeur » du projet de loi issu des États-généraux de l’alimentation. « La loi dit à la grande distribution, aux transformateurs et aux agriculteurs : ’’Négociez.’’ Nous, on demande un arbitre, on demande que la loi soit contraignante pour les transformateurs et les distributeurs », a déclaré Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Les zones défavorisées pas oubliées

Les zones défavorisées étaient également au programme. « On a des gens exclus et on ne sait pas comment on va les récupérer. Et les zones pastorales ligneuses, qui elles aussi sont sorties de la Pac, devaient rerentrer et ne rentrent pas. […] Le symbolique de notre action aujourd’hui est de dire ou le ministère de l’Agriculture se met au boulot, ou on discute directement avec Macron et on supprime le ministère de l’Agriculture », a expliqué Laurent Pinatel, à La France Agricole après l’action.

« C’est le moment de tirer la sonnette d’alarme et de dire à Emmanuel Macron : “Le ministère de l’Agriculture ne fait pas son travail correctement, n’a pas fait son travail correctement.” C’est le moment de changer, sinon ça va être la catastrophe », a-t-il ajouté.

Le paiement redistributif, éternel cheval de bataille

Il a également évoqué le paiement redistributif, une aide qui s’ajoute aux paiements « de base » pour valoriser les productions à forte valeur ajoutée ou génératrices d’emploi, notamment pour les petites fermes. La Confédération paysanne souhaite que cette majoration, actuellement de 50 €/ha, passe à 100 €, comme cela était prévu initialement, avant que la crise ne touche les céréaliers français, notamment en 2016.

« On n’a pas besoin de plus de viande bovine ici »

Autre sujet de crispation, les accords de libre-échange en attente de ratification. « On n’a pas besoin de plus de viande bovine ici, on va faire crever les paysans », a clamé M. Pinatel, lors d’une prise de parole devant les visiteurs qui avaient pris place dans les gradins du stand.

« Si on avait mené nos fermes comme ils [le gouvernement] mènent l’agriculture française, il y a longtemps qu’on aurait bâché nos exploitations », a déclaré M. Pinatel, pour expliquer la symbolique de l’action menée, avant que les manifestants ne crient « Travert, au boulot, Travert, au boulot », à l’intention du ministre de l’Agriculture.

A. Ca., avec l’AFP