C’est « la mauvaise nouvelle » pour Maxime Gautreau, céréalier à Thiré, en Vendée. « Un coût en plus… » Celui de trop ? « Je n’en sais rien, mais ça devient de plus en plus dur pour nous les jeunes. » La suppression de l’exonération des charges spécifiques pour les saisonniers agricoles « n’était pas vraiment prévue dans ma projection économique d’installation », ajoute-t-il.

Des candidats plus chers…

Cet ancien de l’École supérieure d’agriculture d’Angers est à la tête de 150 hectares depuis janvier 2018. Pour castrer son maïs semence, il emploie avec son frère, agriculteur sur l’exploitation voisine, soixante saisonniers l’été, durant environ deux semaines. « Le calcul est vite fait pour moi. La mesure va coûter 189 € par mois par contrat saisonnier. Sur l’année, ça fait que je vais perdre un mois de salaire, 1 450 €. »

… et plus rares

Pour Maxime Gautreau, le maintien de la mesure est d’autant plus difficile que le recrutement n’a jamais été aussi compliqué que cette année. « Les travailleurs occasionnels vont nous coûter plus cher, alors qu’ils n’ont jamais été aussi rares. Je m’occupais déjà du recrutement des saisonniers chez mon frère avant de m’installer. Et là, on vit la pire des saisons ! Sur les 60, il n’en reste que 15 ! »

Maxime emploie des jeunes âgés de 14 à 18 ans. « Habituellement, ils étaient quelques-uns à ne pas rester jusqu’à la fin de leur contrat, mais cette année, ils sont 80 %. Ils trouvent ça dur très vite, alors que la saison ne s’étale que sur trois semaines. Une jeune fille m’a même dit : “C’est trop dur, alors je viens faire quinze jours puis j’en laisserai pour les autres.” Ils n’ont plus besoin de travailler… », constate Maxime âgé de 23 ans.

Manque de visibilité

« Mais il faut bien castrer les maïs », ajoute-t-il. Et de relativiser, à sa façon, sa situation : « Il y a pire que moi : j’ai des copains qui viennent de s’installer et dont l’exploitation est sortie du jour au lendemain de la carte des zones défavorisées. Les charges des saisonniers ajoutées à cela, cela fait beaucoup pour quelqu’un qui débute dans le métier. »

Rosanne Aries