Après le blocage le 7 mars par le gouvernement de sa proposition de revalorisation des retraites agricoles, le groupe communiste revient à la charge ce mercredi 16 mai. Mais il risque à nouveau d’être bloqué. L’objectif : revaloriser les plus faibles retraites agricoles de 75 à 85 % du Smic net (soit 987 € par mois) dès 2018. Plus de 266 000 retraités pourraient en bénéficier, pour un coût de 350 à 400 millions d’euros.

Dans un communiqué du 14 mai, le député André Chassaigne, à l’origine de la proposition de loi, annonce que « le gouvernement s’apprête à revenir à la charge avec la même procédure de vote bloqué ». Le gouvernement souhaite en effet repousser la revalorisation des pensions agricoles à 2020, dans le cadre plus large de la réforme des régimes de retraites.

« Comment ne pas y voir une nouvelle marque de mépris envers les plus modestes, femmes et hommes de nos campagnes, victimes d’une telle injustice à l’issue d’une vie de labeur ? Après avoir signé par milliers, les pétitions précisant que cette revalorisation ne peut plus attendre, nos paysans retraités n’accepteront pas qu’un gouvernement, pris en plein flagrant délit de mensonge, réitère le 16 mai le « coup de 44-3 » pour museler la représentation nationale ! », s’indigne le député communiste du Puy-de-Dôme.

Réactions

Le Modef appelle dans un communiqué diffusé le 14 mai à une « mobilisation pour la revalorisation des retraites agricoles » devant le Sénat le 16 mai. Le syndicat s’oppose à la réforme des retraites en 2020 et demande « pour toutes et tous, une retraite décente à 1 200 euros ».

L’appel à se mobiliser devant le Sénat est relayé également par l’Andar (Association nationale des agriculteurs retraités).

De son côté, la FNSEA rappelle que « les retraités agricoles sont parmi ceux qui touchent les pensions les plus faibles de notre pays. L’objectif de revalorisation des retraites à 85 % du Smic est donc une urgence pour l’ensemble des retraités actuels et à venir de la métropole et d’Outre-mer. Nous déplorons une nouvelle fois que les modes de financement proposés ne soient pas à la hauteur de l’enjeu. Les retraités agricoles méritent mieux que des engagements factices. »

Aurore Cœuru