Pour déceler les marges de progression existantes sur son exploitation, établir un prévisionnel, se projeter dans une nouvelle activité, monter son dossier d’installation… Il est souvent nécessaire d’avoir des repères économiques et financiers.

Voici des références issues des données collectées par la Fédération des centres de gestion agréés agricoles (FCGAA (1)) à partir des clôtures comptables en 2019 de 27 000 exploitations, au bénéfice réel.

Dans certaines régions, les centres de gestion produisent aussi des moyennes auxquelles vous pouvez vous référer.

  1. L’EBE et le ratio EBE/produit brut global

    L’excédent brut d’exploitation (EBE) est la différence entre les produits dont subventions, les charges opérationnelles et les charges de structure (dont MSA exploitant).

    L’EBE doit permettre de financer les annuités ainsi que les prélèvements privés de l’exploitant, tout en laissant une marge de manœuvre suffisante pour renouveler les investissements et assurer un développement.

    Celui de la ferme FCGAA, qui comprend aussi la viticulture, est en moyenne de 71 400 € (pour 97 ha et 2 unités de main-d’œuvre — UMO) et représente 26 % du produit brut global. Le ratio (EBE/produit brut) doit atteindre 30 à 35 % pour que la rentabilité de l’exploitation soit considérée comme satisfaisante.

  2. Le résultat courant avant impôt

    Le résultat courant avant impôt (RCAI) est la différence entre l’EBE et la dotation aux amortissements +/– autres produits ou charges de gestion +/– produits ou charges financières.

    Deux productions ont un résultat courant avant impôt (RCAI) supérieur à 40 000 € (voir le tableau ci dessous) : le maraîchage et l’horticulture. Les bovins à viande et l’aviculture ont un RCAI inférieur à 20 000 €. Le secteur des grandes cultures ressort avec un résultat très moyen (20 400 €) pour la campagne de 2019.

  3. La marge de sécurité

    La marge de sécurité se calcule à partir de l’EBE. Elle est égale à l’EBE — annuités — prélèvements personnels. Pour la ferme FCGAA, elle est supérieure à 10 000 €.

  4. L’autonomie financière

    L’autonomie financière se calcule par le ratio : capitaux propres/passif. Ce critère est globalement de 48 % pour la ferme FCGAA, ce qui traduit un certain équilibre financier puisque les capitaux propres représentent près de la moitié du total passif.

Voici une synthèse des chiffres pour neuf productions (activité principale de l’exploitation). Retrouvez les chiffres de votre filière pour vous comparer.

Moyenne FranceSAUUMOEBEProduit brut (PB)EBE/PBRCAIAutonomie financièreAnnuitésPrélève-ments personnels
Ferme FCGAA97 ha271 400 €274 700 €26 %32 400 €48 %36 800 €23 700 €
Grandes cultures128 ha1,453 300 €210 300 €25 %20 400 €45 %32 900 €16 900 €
Maraîchage33 ha4,294 500 €428 900 €22 %57 300 €42 %31 400 €29 200 €
Arboriculture40 ha465 900 €351 600 €19 %26 200 €48 %28 800 €26 500 €
Horticulture20 ha368 900 €393 800 €17 %41 900 €44 %28 700 €26 100 €
Bovins lait115 ha1,984 500 €298 700 €28 %31 400 €43 %45 600 €17 800 €
Bovins à viande130 ha1,651 300 €199 400 €26 %16 000 €55 %29 800 €10 000 €
Aviculture44 ha1,654 900 €338 700 €16 %19 900 €29 %32 700 €14 000 €
Ovins lait80 ha1,766 600 €212 600 €31 %25 300 €59 %25 800 €16 200 €
Ovins à viande102 ha259 300 €199 600 €30 %25 400 €53 %24 800 €15 100 €

Données : FCGAA 2019

De forts écarts types

Au sein d’un même système de production, il existe des disparités importantes. Par exemple, en système de grandes cultures, les « meilleurs » (Q3 = quart des exploitations ayant le plus fort ratio EBE/production) ont un EBE bien supérieur (99 900 €), comparativement au quart inférieur (Q1 = quart des exploitations ayant le plus faible ratio EBE/production) dont l’EBE atteint seulement 7 800 € pour la campagne de 2019.

En abcsisse, l’EBE moyen du quartile ou de la médiane. La répartition en quartile est déterminée par le ratio EBE/production. © GFA

Pour la ferme FCGAA, le quart d’exploitations dont le ratio EBE/production est le plus faible (quart inférieur) ont un EBE de 18 100 € et un résultat déficitaire de 8 400 €. Cela se traduit aussi par une certaine fragilité financière puisque le critère « autonomie financière » est inférieur à 40 %. Ce sont les exploitations les moins performantes.

A contrario, les exploitations les plus efficientes (quart supérieur) ont un EBE de 120 300 € et un résultat de 74 700 €. L’autonomie financière est nettement supérieure à 50 %.

Retrouvez le détail de plusieurs chiffres classé par quartile pour la ferme FCGAA et pour trois systèmes de production.

Q1 quart inférieurMédianeQ3 quart supérieur
Ferme FCGAA
EBE18 100 €76 200 €120 300 €
RCAI- 8 400 €33 900 €74 700 €
Autonomie financière40 %47 %57 %
Grandes cultures
EBE7 800 €55 300 €100 000 €
RCAI- 9 100 €21 100 €51 700 €
Autonomie financière38 %44 %52 %
Bovins lait
EBE38 600 €90 700 €123 100 €
RCAI1 300 €34 500 €59 100 €
Autonomie financière36 %43 %50 %
Bovins à viande
EBE19 100 €55 100 €79 000 €
RCAI- 5 500 €18 000 €36 000 €
Autonomie financière49 %55 %59 %

Données : FCGAA de 2019

Méthodologie

Ces chiffres ne sont pas des moyennes nationales de toutes les exploitations françaises. Il s’agit de moyennes issues des 27 156 exploitations adhérentes, via les OGA, à la FCGAA (1) et relevant toutes du bénéfice réel. La comptabilité est d’ordre fiscal et il n’y a pas de retraitements économiques.

Les amortissements pris en compte sont fiscaux, c’est-à-dire en rapport avec les choix d’optimisation fiscale faits par le chef d’exploitation. Pour les annuités, les prêts contractés en nom propre à titre privé par l’associé, mais en lien avec l’exploitation comme les prêts fonciers, ne sont pas pris en compte.

L’échantillon global compte 27 156 exploitations, dont 5 040 en grandes cultures, 734 en maraîchage, 607 en arboriculture, 253 en horticulture, 2 402 en bovins lait, 3 225 en bovins à viande, 833 en aviculture, 416 en ovins lait, 418 en ovins à viande, 4 328 exploitations viticoles.

Marie Salset

(1) FCGAA : Fédération des centres de gestion agréés agricoles. Elle regroupe 67 organismes de gestion agréés (OGA), ce qui représente 38 000 exploitations.