Comme d’autres syndicats agricoles plus tôt la semaine passée, la Confédération paysanne a présenté sa rentrée à la presse le 22 septembre 2020. Si une partie a été consacrée à commenter le plan de relance, le syndicat a tout de même rappelé les enjeux à venir et les combats qu’il continue à mener.

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Accompagner le changement

« Le RIP (référendum d’initiative partagée), nous n’avons pas prévu de le signer, ni de soutenir le projet de loi contre la maltraitance animale porté par Cédric Villani, a expliqué Nicolas Girod, le porte-parole du syndicat. « Ce texte n’avance que sur des éléments techniques et ne prend pas en compte les paysans ni les enjeux économiques. »

Même si le syndicat se dit favorable à la fin de l’élevage en cage ou intensif, la transition ne doit pas être imposée sans un accompagnement : « On ne peut pas pousser les paysans à avancer sur des éléments de bientraitance animale si leurs revenus ne sont pas sécurisés. » Le syndicat remet aussi en doute le bien-fondé d’une telle initiative.

« Derrière cette initiative qui peut paraître intéressante et importante, il y a aussi d’énormes enjeux industriels par des gens qui ne sont pas là uniquement pour soutenir le bien-être animal », a souligné Nicolas Girod en référence à Xavier Niel qui soutient le RIP et qui investit dans les substituts de viande.

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Protéger les agriculteurs

La Confédération paysanne entend donc maintenir ses combats en faveur du monde paysan, notamment via la Pac. Le syndicat a rappelé quelques-unes de ses ambitions : avancer vers une aide à l’actif plus importante, plafonner les aides à 45 000 € par actif, aider les petites structures exclues des aides européennes et rebasculer des fonds du premier vers le deuxième piliers afin « d’accompagner ceux qui perdent [des aides du premier pilier] vers une transition sociale et environnementale. »

Autre sujet fort pour le syndicat, l’installation. Pour installer massivement, le syndicat souhaite revoir l’accompagnement à l’installation et à la transmission, ainsi que mieux répartir le foncier et le soustraire à l’artificialisation. Sur ce sujet, la Confédération organisait ce mois-ci le « mois de l’attractivité de l’installation » décliné en départements, pour sensibiliser à l’enjeu du foncier les politiques et citoyens.

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Un plan de relance non abouti

Si une partie du plan de relance fait écho aux propositions de la Confédération paysanne, Nicolas Girod regrette tout de même le « manque d’ambition budgétaire » de celui-ci. « Alors que nous avons entendu pendant la crise [du Covid-19] que l’alimentation était une priorité […] seulement 1 % du plan de relance est réservé à l’alimentation et à l’agriculture », détaille-t-il.

« On ne sent pas se poser la question du dérèglement climatique. Or le plan de relance doit prendre en compte l’urgence climatique et écologique. […] La rupture n’est pas suffisamment marquée. » Le syndicat pointe notamment du doigt le manque de protection sociale vis-à-vis du monde agricole ainsi que l’apparition de fausses solutions, de son point de vue, telle que la HVE (haute valeur environnementale) avancée comme un levier de transition alors qu’il ne s’agit que « d’une pastille verte, sans changement de pratique efficient […] pour berner les citoyens et les consommateurs ».

Alessandra Gambarini