Au lendemain de la publication des chiffres de 2020 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) qui montre que les coûts des productions agricoles peinent à être couverts, la Coordination rurale a réagi la première, le 15 juin 2021, s’interrogeant « sur la responsabilité des importations dans cette insuffisance des prix à la production ».

« Pourquoi, par exemple encore en 2020, la crème de lait en vrac est importée à 1,85 €/kg tandis qu’elle n’est exportée qu’à 0,73 €/kg ? » interroge Véronique Le Floc’h, vice-présidente de la Coordination rurale, qui participe aux travaux de l’OFPM. Le syndicat demande un arrêt des importations « toxiques et prédatrices » et le développement des installations d’agriculteurs.

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Les distributeurs dans le collimateur de la FNSEA

La FNSEA, de son côté, pointe du doigt les distributeurs. Alors que les coûts de production des produits agricoles augmentent avec la flambée des prix des matières premières, les prix payés aux producteurs et aux industriels stagnent, voire baissent, s’inquiète le syndicat majoritaire. Il dénonce, dans un communiqué du 15 juin 2021, « la réalité de la répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire » et la place des distributeurs. « Le constat est sans appel : les marges se restaurent au profit de la seule grande distribution — sans même la prise en compte totale de l’effet du Covid, qui lui a été favorable », rapporte la FNSEA.

Le syndicat veut que les indicateurs de coût de production soient mieux pris en compte dans les contrats. Il demande que le prix de la matière première agricole « soit sécurisé » et que les hausses puissent « être répercutées jusqu’à l’aval de la filière », autrement dit jusqu’aux distributeurs.

La FNSEA fait pression pour que la loi Egalim soit renforcée par la proposition de loi du député Gregory Besson-Moreau. Cette dernière vise à « protéger la rémunération des agriculteurs » par une sanctuarisation des prix des produits agricoles et l’obligation de contrats pluriannuels entre producteurs et transformateurs. Son examen débute cette semaine à l’Assemblée nationale. Le texte fait déjà l’objet de plusieurs centaines d’amendements.

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Marie Salset