Des représentants de la Confédération paysanne, de la Coordination rurale, du Modef et des Jeunes Agriculteurs ont exprimé leur avis sur les pratiques de la grande distribution dans le cadre d’une commission à l’Assemblée nationale. Ces auditions interviennent à la suite de la loi portant sur l’agriculture et l’alimentation et la fin des négociations commerciales.

« Incertitude forte sur la répartition de la valeur »

Le secrétaire national de la Confédération paysanne, Nicolas Girod, a d’abord précisé qu’ils n’avaient « pas forcément tous les éléments tangibles sur ce qui se passe dans les box des négociations commerciales ». Le syndicat pense qu’il reste une « incertitude forte sur la répartition de la valeur ajoutée qui devrait permettre une meilleure rémunération paysanne alors que cette question était le point d’entrée des États-généraux de l’alimentation. »

Il y a une grande attente, notamment, du côté de la filière des fruits et légumes avec l’inquiétude du dépassement de la quantité importée par rapport à la quantité produite en France dans les prochaines années. Nicolas Girod a conclu son intervention sur le fait qu’ils auraient aimé que la commission s’intéresse aussi à l’industrie agroalimentaire et pas seulement à la grande distribution.

Un dysfonctionnement des coopératives

Bernard Oudard, administrateur à la Coordination rurale, a énoncé que la « grande distribution cherche à animer ses rayons et cherche à déstabiliser ses acheteurs pour ne pas qu’ils se créent un prix de marché ». Les effets de promotions nationales, décidées en amont, ont nécessairement un décalage avec le métier d’agriculteur, selon lui.

Il a aussi dénoncé le comportement des coopératives. « Une coopérative qui a une réserve financière supérieure à son chiffre d’affaires alors qu’il y a des producteurs qui meurent de faim, pour moi il y a un dysfonctionnement. »

La grande distribution, ennemie des agriculteurs

Le vice-président du Modef, Raymond Girardi, a considéré la grande distribution plutôt comme un ennemi qu’un partenaire pour les agriculteurs. Il a également dénoncé les pratiques de la grande distribution en citant l’utilisation massive d’importations pour faire baisser les prix. Pour le Modef, la loi « Agriculture et alimentation » est une bonne initiative mais il faudrait des contraintes réelles aux distributeurs. Le syndicat espère que son efficacité interviendra dans la durée.

Beaucoup de questions du côté de Jeunes Agriculteurs

Baptiste Gatouillat, vice-président de Jeunes Agriculteurs, a considéré que dans l’ensemble les ordonnances vont dans le bon sens. Mais le syndicat aimerait savoir exactement comment se déroulent les négociations commerciales. Baptiste Gatouillat s’est interrogé sur les demandes portées par les distributeurs et les transformateurs ainsi que sur la répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne alimentaire. C’est la commission sur la grande distribution de l’Assemblée nationale qui aura la charge d’y répondre.

Suzie Terrier