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Les outils doivent être pleinement exploités

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Relations commerciales - Les outils doivent être pleinement exploités
©Agnes MassiotAgnes Massiot

Alors qu’une nouvelle période de négociations commerciales s’ouvre entre agriculteurs, industriels et distributeurs, le ministre de l’Agriculture rappelle que les outils mis en place dans le cadre des Etats-généraux de l’alimentation (EGA) doivent être pleinement exploités pour permettre une revalorisation des prix agricoles.

« L’Etat continura à intervenir avec détermination pour rééquilibrer la relation commerciale » : alors qu’une nouvelle période de négociations commerciales s’ouvre et que la guerre des prix semble faire rage entre les distributeurs, les ministres de l’Agriculture, Julien Denormandie et la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, lancent un rappel à l’ordre.

Dans un communiqué qui fait suite à une nouvelle réunion du comité de suivi des relations commerciales, le 13 octobre 2020, ils ont tous deux rappelé que « les outils mis en place lors des Etats-généraux de l’alimentation (EGA), comme la contractualisation sur la base d’indicateurs de référence de prix et de couts élaborées par les interprofessions, la hausse du seuil de revente à perte dans l’objectif de permettre une revalorisation des prix de l’amont agricole ou encore l’encadrement des promotions, devaient être pleinement exploités ».

Julien Denormandie a d’ailleurs demandé à Serge Papin, ancien PDG de Système U, et coprésident de l’atelier 5 des EGA (comment rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs) de l’accompagner pour « relancer la dynamique des EGA ».

Les ministres constatent que la « dynamique inflationniste » des prix agricoles a tendance à s’infléchir, les « négociations, au moins dans certains secteurs, sont plus favorables aux producteurs», mais malgré tout, « les résultats ne sont pas encore au niveau des attentes en termes de répartition de la valeur ».

Halte à la déflation

La Coopération agricole, l’Ania (association nationale des industries alimentaires), et l’Ilec (fabriquants des produits de marque de grande consommation), alertent sur le retour de la guerre des prix qui n'est pas compatible la promesse des EGA « d’une juste rémunération et juste répartition de tous les maillons de la chaine alimentaire et notamment des agriculteurs en grande difficulté ».

Ils évoquent une baisse des prix dans les négociations commerciales de -0,4 % en 2019 et -0,1% en 2020 et une baisse des prix à la consommation de « -0,5% de juin 2019 à juin 2020 et jusqu’à -1,3% pour les grandes marques alimentaires », selon le cabinet Nielsen.

Davantage de transparence

« La valeur n’arrive toujours pas dans les cours de ferme », alertent à nouveau la FNSEA et Jeunes agriculteurs, dans un communiqué du 14 octobre 2020. Ils sont prêts à faire des « propositions pour aller plus loin dans le dispositif législatif » mis en place dans le cadre des EGA. Les deux syndicats demandent davantage de transparence dans les négociations et une meilleure diffusion des indicateurs interprofessionnels.

Ils appuient la proposition des parlementaires, faite dans le cadre de la loi d’accélération et de simplification de l’action publique (Asap), de prolonger l’expérimentation sur le seuil de revente à perte et l’encadrement des promotions : « des amendements ont été portés dans le cadre de la loi Asap pour prolonger l’expérimentation SRP et promotions. Il est primordial que la commission mixte paritaire ne revienne pas sur la durée affichée dans le texte qui court jusqu’à avril 2023. Nous devons prendre un engagement dans la durée sur ce dispositif pour pouvoir l’évaluer pleinement ».

> À lire aussi : Encadrement des promotions : le parlement veut mieux définir les produits saisonniers (07/10/2020).

Moins de 1% d’inflation des prix à la consommation en 2019

Un rapport d’évaluation sur l’effet des outils mis en place dans le cadre des Etats-généraux de l’alimentation (EGA) a été remis au Parlement par le Gouvernement, le 30 septembre 2020. Il concerne le relèvement du seuil de revente à perte et les mesures d’encadrement des promotions. Il montre que ces mesures expérimentales n’ont globalement pas eu d’effet inflationniste sur les prix.

L’étude révèle aussi que « les marques de distributeur (MDD) ont connu la croissance des ventes la plus élevée de cette période post-EGA », mais que la relation de cause à effet ne peut pas être prouvée. L’encadrement des promotions aurait « stimulé indirectement une baisse » de leur prix.

L’effet de ces outils sur les revenus des agriculteurs ne peuvent pas être évalués, rapporte le document, « les données Rica qui contiennent des informations sur les revenus des agriculteurs ne sont en effet disponibles qu’avec un décalage de deux ans et ne sont donc disponibles à ce jour que pour l’année 2018 ».

Marie Salset

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