Sortir les produits agricoles du cadre des négociations commerciales annuelles, une fausse bonne idée ? Si les plus optimistes y voient l’opportunité d’adapter les discussions tarifaires aux spécificités des différentes filières, d’autres s’inquiètent de ce saut dans le vide. Car pour l’heure, aucun plan B n’est annoncé.

Une réunion est prévue ce jeudi 3 mai 2018 à Bercy pour faire le point sur les suites à donner à cette mesure, intégrée en dernière minute au projet de loi sur les relations commerciales. JA réclame à cette occasion le retrait de cet amendement, qui n’est pas construit selon lui « sur des délais et un consensus suffisants pour aboutir à une bonne réforme » et, en prime, « trahit l’esprit des États-généraux de l’alimentation (EGA) ».

Pourquoi maintenant ?

Surtout, l’enthousiasme de certains distributeurs et industriels pour une telle réforme tracasse JA. « Si cette proposition du rapporteur Moreau est une si bonne idée, pourquoi ceux qui l’approuvent aujourd’hui ne l’ont pas proposée avant ? Nous avons eu 9 mois pour échanger sur les modalités de cette loi, s’énerve JA, dans un communiqué du 2 mai 2018. De là à penser qu’une nouvelle politique a déjà été préparée en amont, sans les agriculteurs, il n’y aurait qu’un pas… »

Ce qui reste du consensus des États-généraux pourrait bien voler en éclat avant même l’adoption de la loi. Et avec lui les espoirs d’une amélioration des relations dans la filière agroalimentaire. Les débats s’annoncent houleux d’ici à l’examen du projet de loi en séance publique, le 22 mai à l’Assemblée nationale.

Alain Cardinaux