Selon Véronique Marchessaux, secrétaire nationale de la Confédération paysanne, « le gouvernement a compris que s’il veut faire passer son projet de réforme des retraites, il doit faire un geste envers les retraités actuels ». C’est ce que la responsable du pôle social du syndicat a retenu d’une rencontre avec des conseillers des ministères de l’Agriculture et des Solidarités, le mardi 7 janvier 2020. En revanche, aucune précision n’a été apportée sur le montant de la revalorisation ou encore les personnes visées. La syndicaliste doute que « la totalité des retraités actuels soient visés ».

Des cas types d’agriculteurs

Cette réunion avait pour objectif de présenter des cas types d’agriculteurs préparés par les ministères (avec des revenus de 4 000 € — 12 000 € — 40 000 € — 80 000 €/an) en comparant leur retraite dans le système actuel et celle avec le système universel. Et par ailleurs, de recueillir la position du syndicat.

« Les quatre profils d’agriculteurs qu’on nous a présentés sont caricaturaux, juge Jean-Paul Nicolas, retraité et membre de la commission des anciens de la Confédération paysanne. Impossible de se faire une idée de l’impact de la réforme avec ces simulations : des agriculteurs avec un statut de chef d’exploitation tout au long de leur carrière et des revenus en régulière hausse chaque année, ce n’est pas réaliste ! »

L’ancien producteur laitier du Finistère considère que trois grands chantiers distincts doivent être abordés : celui de la réforme des retraites (qui s’adresse aux personnes nées après 1975), celui de la simplification du régime actuel afin de mettre fin à des « aberrations et injustices » et celui de la revalorisation des pensions « indécentes » des actuels retraités.

Réunions bilatérales

La Coordination rurale doit rencontrer ces mêmes conseillers le 10 janvier. Dans un communiqué du 8 janvier 2020, la FNSEA et sa section des anciens exploitants rappellent que « la revalorisation des retraites à 85 % est indispensable pour l’ensemble des retraités actuels et à venir de la métropole et de l’Outre-mer ». Si le syndicat « soutient la création d’un régime universel de retraites », il estime que « marginaliser les anciens est contraire à cette démarche d’universalité ».

Aurore Coeuru