La réforme des retraites maintiendra « un haut niveau de solidarité » permettant de « garantir un niveau de pension satisfaisant à celles et ceux qui auront travaillé toute leur vie avec de petits revenus », a affirmé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, le lundi 11 mars lors d’un colloque à l’Assemblée nationale.

Promesse de campagne du chef de l’État, le futur système « universel » dans lequel « un euro cotisé vaut les mêmes droits » pour tous doit se concrétiser dans un projet de loi attendu après les élections européennes. En attendant d’abattre ses cartes, l’exécutif cherche à rassurer.

La ministre a même jugé possible de « faire plus et mieux », évoquant une « attribution de points qui augmentera directement la pension » pour chaque enfant, ainsi qu’un « minimum de pension plus lisible » permettant de « garantir un niveau de pension satisfaisant à celles et ceux qui auront travaillé toute leur vie avec de petits revenus ».

Les retraités actuels laissés pour compte

L’âge actuel de départ à 62 ans devrait être conservé et la réforme s’appliquer à partir de 2025. Rien ne concerne donc les retraités actuels. Réunis en congrès le 6 mars 2019 à Paris, les anciens exploitants de la FNSEA ont débattu de cette réforme (« un projet ambitieux et indispensable »), mais ont fortement regretté qu’elle ne concerne pas les retraités agricoles actuels. Eux qui touchent les pensions les plus faibles du pays : 750 € par mois en moyenne pour une carrière complète contre 1 400 € pour l’ensemble des Français.

Les anciens de la FNSEA revendicatifs

« Avec de si petits revenus, la perte d’autonomie, surtout en milieu rural, est une angoisse », témoigne Jacques Dufrechou, président de la SNAE (section nationale des anciens exploitants) de la FNSEA. Les anciens réclament à nouveau que les petites pensions soient revalorisées à au moins 85 % du Smic. Un coup de pouce estimé à 350 millions d’euros par an. « Le gouvernement a su trouver 10 milliards d’euros pour calmer les gilets jaunes, il doit pouvoir dénicher 350 millions pour les retraités agricoles », argumente Jacques Dufrechou.

Aurore Cœuru, avec l’AFP