Les bénéficiaires de l’aide à la reconversion professionnelle (ARP) doivent-ils définitivement renoncer au métier d’agriculteur ? Une telle mesure apparaît exceptionnellement sévère et ajoute au trouble sur un sujet sensible. Elle figure pourtant dans la version customisée du dispositif ARP présentée par le gouvernement en octobre 2016. Mais plus pour longtemps.

Revirement

La profession a mis la pression sur les services du ministère de l’Agriculture et sa voix a porté. Un décret serait en cours d’élaboration pour revenir sur cette condition imposant un départ définitif du métier sous peine de devoir rembourser la prime perçue.

Mis au courant officieusement en décembre, le fonds de formation Vivéa se félicite aujourd’hui de ce revirement. « Aucune obligation européenne n’imposait une telle une mesure, discriminante par rapport aux autres secteurs économiques. Nous attendons maintenant la publication du texte », a déclaré Christiane Lambert, présidente de Vivéa et vice-présidente de la FNSEA.

Même discours du côté de la Coordination rurale, qui souhaiterait voir limité le temps de la période de renoncement à cinq ans, « afin de ne pas bannir à vie des agriculteurs mis en grande difficulté par la crise actuelle et qui auraient le désir d’exercer à nouveau ce métier », explique-t-elle dans un communiqué du 3 janvier 2017.

Le décret est attendu au Journal officiel dans les prochaines semaines.

Pour plus d’informations, lire notre analyse : Reconversion professionnelle : par ici la sortie ?

Alain Cardinaux