Un excès de communication et de marketing

La commission des finances du Sénat a présenté ce mercredi 5 février 2020 son rapport de contrôle budgétaire sur les financements publics consacrés à l’agriculture biologique. Les parlementaires pointent du doigt l’excès de communication et de marketing mis en place par les politiques publiques autour des produits bio, qu’ils n’estiment pas en phase avec le soutien concret qu’elles leur apportent.

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Les sénateurs appellent à « affiner les objectifs de la politique française de développement de la bio », dénonçant la posture de « passager clandestin de l’État ». « Les moyens de la politique de développement de l’agriculture bio sont saupoudrés dans des budgets épars, […] ce qui est de nature à en altérer l’efficacité. » Ils proposent de donner à la politique en faveur de la bio une « carte d’identité budgétaire ».

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Manque de moyens

Le rapport souligne que « l’État a adopté des objectifs de développement de l’agriculture bio alors même qu’il ne dispose plus de moyens autonomes de les atteindre et n’a exercé que faiblement ses missions de coordination ». À la fin de 2018, 7,5 % de la surface agricole utile (SAU) était convertie à l’agriculture biologique.

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Un chiffre qui permet aux sénateurs d’affirmer que le projet « Ambition bio 2022 », lancé en 2018 ne pourra pas tenir ses promesses de voir en 2022, 15 % de la SAU convertie et 20 % de produits bio dans les repas servis en restauration collective. Ils considèrent que le projet devrait être rebaptisé « Ambition bio (au mieux) en 2026 ».

Améliorer la chaîne de paiement des aides

Les parlementaires pointent également du doigt la superposition des financeurs de la bio qui, selon eux, conduit à une stratification des soutiens qui suivent des modalités d’attribution qui ne sont pas unifiées. Ils appellent à améliorer considérablement la chaîne de paiement des aides.

Contrôler les organismes certificateurs

Les sénateurs appellent aussi à corriger au plus tôt les trop nombreuses défaillances au sein des entités chargées de piloter la bio (Agence bio, Inao, Itab), mettant en avant les conflits d’intérêts qui existent et le manque de suivi de l’action des organismes certificateurs, pour lesquels les sénateurs réclament un audit complet de leurs conditions d’intervention.

B. Q.