Le 17 juin 2021, les députés ont adopté, en première lecture, la proposition de loi Chassaigne visant à revaloriser les pensions agricoles les plus faibles. Si la loi est définitivement adoptée, 210 000 retraités, dont 67 % de femmes, pourront voir leur retraite augmenter de cent euros en moyenne chaque mois.

Vigilance sur la mise en œuvre

L’Anraf (Association nationale des retraités agricoles de France) et les syndicats agricoles, la FNSEA et la Confédération paysanne, se félicitent de la mesure, mais restent vigilants quant à sa mise en œuvre.

Tous saluent la pugnacité du député André Chassaigne qui, après l’adoption de la retraite minimum à 85 % du Smic pour les chefs d’exploitation à carrière complète en juin 2020, est parvenu à un compromis avec le gouvernement et la majorité parlementaire en faveur des femmes.

« Un premier pas vers la parité »

« C’est une première étape très importante vers la parité », se réjouit Roger Treneule, président de l’Anraf, qui se désole qu’on ait laissé si longtemps « les femmes sans statut », « invisibles aux yeux de la protection sociale ».

« 100 euros en moyenne par mois, c’est une augmentation intéressante pour des personnes qui ont travaillé toute leur vie et touchent très peu de retraites, de 300 à 600 euros par mois, poursuit-il. Mais nous espérions que la proposition de loi Chassaigne soit adoptée dans sa totalité avec l’attribution de retraite complémentaire aux conjoints et aides familiaux. Pour l’Anraf, le chemin vers la parité passe par cette amélioration. C’est la prochaine étape pour laquelle nous nous battrons, afin d’obtenir l’égalité avec les chefs d’exploitation. »

Encore des efforts à faire sur la retraite minimum des conjoints

Dans un communiqué du 18 juin 2021, la Confédération paysanne salue également cette augmentation des retraites les plus modestes, mais estime que « pour une carrière complète, aucune retraite ne doit être inférieure à l’Aspa (minimum vieillesse), quel que soit le statut ».

La FNSEA et ses sections des anciens et des agricultrices soulignent « un grand pas dans la bonne direction », dans un communiqué du 18 juin 2021. Le texte voté en première lecture doit aboutir à une retraite minimum de 700 euros pour les conjoints et aides familiaux à carrière complète, indique le syndicat, pour qui il ne s’agit que de « la moitié du chemin » : « Nous visons en effet une revalorisation des retraites des membres de la famille à carrière complète à hauteur de 75 % du Smic (913 € par mois). »

Tous espèrent que la proposition de loi en faveur des agricultrices sera discutée le plus rapidement possible au Sénat, pour qu’elle entre en vigueur dès le 1er janvier 2022.

Aurore Cœuru