Rappelant ses valeurs de base (solidarité, humanité, prise d’initiative, responsabilité individuelle et collective, ancrage dans les territoires), la FNSEA a présenté, jeudi à l’occasion de son congrès à Niort (Deux-Sèvres), sa mission pour les années qui viennent : « S’engager avec les femmes et les hommes qui ont le goût d’entreprendre en agriculture pour des territoires vivants et dynamiques. » Un texte où tous les mots ont été pesés.

Accueillir les jeunes non issus du milieu agricole

« Ce projet s’adresse à tous ceux qui partagent nos valeurs, qui ont le goût d’entreprendre et d’aller de l’avant » a expliqué Arnaud Rousseau, premier vice-président de la FNSEA.

Compte tenu du nombre de jeunes non issus du milieu agricole qui devront s’installer pour assurer le renouvellement des générations, « il faut ouvrir les portes et les fenêtres pour les accueillir. Il y a de la place pour eux », a expliqué Christiane Lambert, la présidente du syndicat.

« Nous qui sommes de futurs cédants, nous voyons des jeunes frapper à la porte de nos exploitations avec des projets totalement différents des nôtres, poursuit-elle. Nous devons faire une place à tous ces nouveaux profils dans nos organisations. Le but est d’accroître le nombre de nos adhérents et que certains deviennent demain des responsables. »

Être en phase avec la société

La FNSEA entend aussi montrer que son discours a évolué, même « si une partie des citoyens disent que notre syndicat est opposé au changement sur l’environnement ou le bien-être animal par exemple, explique Arnaud Rousseau. On est blessé car ce n’est pas la réalité que l’on vit sur nos territoires. »

Dans une telle situation, « soit on reste dans une forteresse assiégée, soit on fend l’armure ». L’organisation syndicale a donc choisi la seconde option. « Nous voulons être en phase avec la société. Nous avons d’ailleurs mis en place un comité des parties prenantes avec des philosophes, des scientifiques, des sociologues… qui nous challengent », détaille Christiane Lambert.

Dialoguer

La FNSEA a pu constater que sa situation présente des similitudes avec celle de Total Energies, dont le PDG Patrick Pouyanné était l’invité du congrès. Le groupe pétrolier est engagé dans une transformation avec pour objectif de devenir un acteur majeur dans les énergies renouvelables.

« Nous sommes pour le dialogue, a expliqué Patrick Pouyanné. Mais quand certains disent “Il ne faut plus d’énergie fossile”, il faut savoir que cela ne va pas se faire du jour au lendemain. Certaines ONG sont prêtes à dialoguer avec nous, mais il ne faut pas qu’on le dise. »

Constat similaire pour la présidente de la FNSEA, qui explique que les agriculteurs sont, comme le PDG de Total Energies, « challengés lors des repas de famille » sur les questions qui interpellent les citoyens. Aujourd’hui, « on a un discours sur l’environnement, ce qui n’a pas toujours été le cas dans notre maison », ajoute-t-elle.

Yvon Herry