Il constitue le principal volet du second pilier de la Pac pour la France : le programme européen de développement rural hexagonal (PDRH) a fait l’objet d’une analyse rapportée le 4 mai 2018 par Agreste, le centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture. Ce programme a été évalué sur la période de 2007 à 2013 en vue de recommandations pour la Pac 2020. Le rapport est formel : sa capacité à soutenir l’innovation et la conduite du changement apparaît « insuffisante », quand bien même l’innovation du secteur agricole est censée être « au cœur du second pilier » de la future Pac, ajoute l’étude.

Le réseau rural national pointé du doigt

L’évaluation relève « une absence de logique d’action précise » : « En dépit d’attentes fortes sur cette thématique, les mesures pouvant soutenir directement ou indirectement l’innovation ont été peu mobilisées. » Par exemple, le Réseau rural national (RRN) est apparu « déconnecté de la mise en œuvre du programme, alors que le décloisonnement entre acteurs qu’il a favorisé pouvait être source d’innovations ».

En revanche, le PRDH s’est révélé plus efficace concernant les démarches de qualité : son soutien est considéré comme non négligeable dans certaines régions qui en ont fait un véritable axe stratégique, comme pour les filières AOC en Auvergne.

Une installation familiale favorisée

Le rapport relève aussi « un effet significatif » du plan de modernisation des bâtiments d’élevage (PMBE), l’un d’un dispositif central du programme européen. Il conclut à son efficacité sur « l’augmentation de la taille des exploitations, la valeur ajoutée et l’excédent brut d’exploitation (EBE), ainsi que sur la productivité du travail ». Dans certaines régions comme la Bretagne, l’étude souligne une amélioration des performances énergétiques.

Cependant au regard de l’importance croissante des capitaux nécessaires à la reprise des exploitations agricoles, leur transmission reste difficile, rapporte Agreste. L’évaluation confirme ainsi l’utilité des aides à l’installation (dotation aux jeunes agriculteurs), tout en notant leur effet plus important pour les installations dans le cadre familial que pour les installations hors cadre familial.

L’analyse a été réalisée par les bureaux d’études EPICES et ADE, comprenant également PROTEIS, Forestry Club de France, BVA et Agrosup Dijon-UMR CESAER.

Rosanne Aries