« Comme on pouvait s’y attendre, à peine l’ordonnance sur l’encadrement des promotions en place, on constate que la grande distribution contourne la règle en s’appuyant sur les remises sur “cartes de fidélité”. De même, les marques de distributeur ne sont pas concernées par l’augmentation du seuil de revente à perte, mais pèsent pourtant lourds chez certains produits de grande consommation (65 % de la viande hachée, 56,5 % de l’emmental, 48.5 % des yaourts nature…) », explique le syndicat lundi dans un communiqué.

« Le mécanisme de promotions fait partie intégrante de l’ADN de la grande distribution. Cette dernière trouvera toujours le moyen de laisser croire aux consommateurs qu’il peut payer un produit en dessous de sa valeur affichée. La solution n’est donc pas là, car le problème n’est pas là », déclare la Coordination rurale.

Une politique de régulation des productions

Pour la CR, « il n’est pas possible de compter sur les déclarations de bonne intention de la transformation et de la distribution pour que les agriculteurs voient cesser le chantage sur les prix. Il appartient bien à l’UE et à l’État français d’établir une politique agricole régulée et maîtrisée permettant un marché équilibré dans lequel les agriculteurs seraient protégés de prix d’achat prédateurs qui sont en train de miner les fondations de l’agriculture française. »

« S’il semble évident qu’il faut encadrer les promotions pour préserver une cohérence entre le prix d’achat et la valeur du produit, il ne s’agit que d’une solution secondaire qui n’aura au final que peu d’impact sur le prix qui nous est payé à nous agriculteurs, explique Catherine Laillé, représentant la CR lors des EGA. Avec une politique de régulation des productions, nous n’aurions pas à faire des promos. »