Après avoir reçu les représentants des syndicats agricoles le 23 janvier dernier, la commission des affaires économiques du Sénat continue ses auditions, afin de mesurer l’impact de la loi EGAlim votée en octobre dernier. Les représentants de l’industrie agroalimentaire étaient conviés à une table-ronde le 6 février 2019.

« Le tarif ne doit pas être négociable »

Pour Dominique Amirault, président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, les mesures retenues par la loi EGAlim « ne sont pas les bonnes car on n’a pas attaqué les vraies raisons de la dégradation de la valeur des produits alimentaires. » Il regrette également la mise en place de l’encadrement des promotions sur les volumes. Les effets de la loi EGAlim ne sont pas ceux escomptés. Si la formation des prix inversés va, selon lui, dans le bon sens, le problème majeur pour les agriculteurs et industriels restent, dans de nombreux cas, de ne pas réussir à facturer leurs produits. « Le tarif ne doit pas être négociable. Ce sont les conditions de développement des courants d’affaires qui le sont. »

Marques de distributeur

L’une des mesures phares de la loi est l’augmentation de 10 % du seuil de revente à perte (SRP). Pour Dominique Chargé, président de Coop de France, ce mécanisme est « une rente de situation pour les distributeurs ». Il explique que les SRP concernent peu de produits qui utilisent de la matière première agricole et excluent les marques de distributeur (MDD). Ainsi, certaines enseignes ont déjà annoncé une baisse de prix de leurs produits MDD. Le contournement de la revalorisation des produits semble être en marche chez les distributeurs.

Contrôles renforcés

Ce constat est partagé par Richard Panquiault, directeur général de l’Institut de liaison et d’études des industries de consommation (Ilec). Il pointe du doigt les remises effectuées par les distributeurs aux consommateurs, via des crédits sur les cartes de fidélité afin de compenser la hausse de certains produits.

Tous attendent de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) un contrôle renforcé des agissements des distributeurs.

B.Q.