« Les projets menés dans les territoires ruraux ne doivent plus rester dans l’anonymat », a affirmé Gérard Peltre, président de l’association Ruralité-Environnement-Développement (RED), lors d’une conférence organisée avec les Maisons familiales rurales (MFR) le 27 février 2017, au Salon de l’agriculture.

Avec le Mouvement européen de la ruralité (MER), qui regroupe une quinzaine d’organisations internationales, ces derniers se battent pour obtenir un « agenda rural » comme cadre de la politique européenne après 2020. Il y a urgence : « La rédaction des règlements débutera cet été. Après, il sera trop tard pour agir ! »

Lettre aux candidats

Gérard Peltre a écrit aux principaux candidats à l’élection présidentielle pour les appeler à soutenir cette démarche. « Les territoires ruraux sont depuis toujours des espaces d’excellence méconnus, et de ce fait très insuffisamment mobilisés et soutenus. Ils représentent pourtant à l’échelle de l’UE plus de 80 % de l’espace, 58 % des habitants et 56 % de l’emploi », leur a-t-il rappelé dans sa lettre. Face à « un climat de désespérance citoyenne inédit qui fait le lit aux replis sur soi et aux extrémismes […], c’est le moment d’éclairer le futur en proposant aux électeurs des perspectives d’avenir et un challenge mobilisateur ! »

Objectifs de ce projet d’agenda : ne pas restreindre le développement rural à la seule question agricole, comme c’est le cas actuellement, garantir un traitement différencié des zones urbaines et rurales et mieux prendre en compte des territoires ruraux en tant que pôles de développement et d’innovation.

Déjà aux côtés de RED l’an passé, les Maisons familiales motivent la fidélité de leur engagement par « l’insertion sociale et professionnelle et la dynamique entrepreneuriale des jeunes ruraux ». Selon elles, « pour faire grandir l’Europe avec les territoires ruraux, nous devons soutenir la création d’un agenda rural novateur, original qui apportera un cadre structurant dans la perspective de la prochaine programmation européenne ». Les candidats à la présidence de la République sauront-ils répondre à cet appel ?

Alain Cardinaux