Certes, l’ambiance en 2022 n’est pas aussi euphorique qu’en 2019 pour les circuits courts. Avec le retour à la vie « normale », fini le temps confiné passé à cuisiner des produits locaux chez soi.

Dans le même temps, la presse relaye les difficultés de certains producteurs ou Amap en vente directe, véhiculant l’idée que les circuits courts seraient en déclin, analyse l’équipe du « Réseau mixte technologique (RMT) Alimentation locale » de l’Inrae.

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Un quart des producteurs ont vu leurs ventes grimper

Pour sortir des « impressions » et y voir plus clair, l’équipe a enquêté en mars 2022 auprès de 800 acteurs des circuits courts (producteurs, vendeurs et consommateurs). D’après les premiers résultats communiqués, il y a chez les vendeurs autant de hausses des ventes que de baisses.

Du côté des producteurs, le chiffre d’affaires est le même qu’en 2019 pour plus de la moitié d’entre eux, en hausse pour plus d’un quart, en baisse pour moins d’un quart. Pour ces derniers, la tendance générale est donc à l’augmentation par rapport à avant la crise du Covid, analysent les auteurs.

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Les consommateurs ont modifié leurs habitudes d’achat

Alors non, l’attractivité des circuits courts n’a pas disparu. Ce sont davantage les conditions locales, au niveau d’un territoire, qui expliquent les baisses de ventes. Comme l’ouverture d’un nouveau magasin de producteurs concurrent ou d’un supermarché offrant des produits locaux.

Les difficultés des producteurs ou des vendeurs sont souvent liées à des anticipations trop optimistes, pointe l’étude. Ceux qui ont beaucoup investi, en main-d’œuvre ou en équipements, peuvent pâtir d’une demande stagnante depuis quelques mois.

Les consommateurs ont bien modifié leurs achats en circuits courts depuis le début de la crise sanitaire. Ceux qui consommaient déjà dans ces circuits avant la crise ont souvent augmenté leurs dépenses, d’autres, nouveaux venus, ne sont pas forcément restés, ce qui contribue à expliquer certaines baisses de vente, conclut l’étude.

Qu’appelle-t-on circuit court ?

Un circuit court est défini officiellement en France comme un mode de vente mobilisant, au plus, un intermédiaire entre producteur et consommateur. Cet intermédiaire peut être un magasin, une boucherie, un supermarché, etc. Un produit en circuit court n’est pas forcément local, à l’inverse, un produit local n’est pas forcément issu d’un circuit court, précise la RMT.

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Sophie Bergot