Face à une population mondiale qui pourrait atteindre « dix milliards de personnes dans trente ans », le défi « est de produire davantage et mieux, en répondant aussi à une demande sociétale forte » notamment sur le traçage de produits, a affirmé le président du parti Les Républicains (LR), Christian Jacob, le 9 mars 2021, en ouverture d’une convention sur l‘agriculture et l’alimentation, en présence notamment du chef Guy Savoy, de Christiane Lambert, président de la FNSEA et de Michel-Édouard Leclerc, patron des magasins Leclerc.

Pas de baisse du budget de la Pac

Fidèle à sa ligne, LR veut « s’opposer à toute baisse du budget de la politique agricole commune », a expliqué l’eurodéputée Anne Sander, en plaidant pour « assurer un revenu à nos agriculteurs » avec un « filet de sécurité financé par des fonds européens ».

« Nous voulons tous faire monter notre agriculture en qualité, mais il faut être conscients que cette alimentation, cette agriculture doive rester accessible » a-t-elle ajouté, en appelant à « miser sur la recherche et l’innovation » afin de « mieux produire ».

Rééquilibrer les relations avec les distributeurs

En matière de rémunération, LR veut aussi « rééquilibrer » la relation avec la grande distribution et « sanctionner les pratiques abusives », a affirmé la députée de l’Aube, Valérie Bazin-Malgras, en rappelant qu’« un tiers des agriculteurs vivent avec 350 euros par mois ».

« On n’est pas dans une logique d’administration, mais il faut prendre en compte le coût de production, et ça peut se faire en partenariat », a lancé Christian Jacob au patron des magasins Leclerc, Michel-Édouard Leclerc.

« La production doit s’organiser. Sur le bio, elle est beaucoup trop atomisée » et « il faut que les producteurs s’organisent face aux centrales d’achat, et on peut les aider », a affirmé Michel-Édouard Leclerc.

Rémunérer le stockage de carbone

Soulignant que « l’agriculture peut être une solution pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver la biodiversité », Valérie Bazin-Malgras a appelé à mieux rémunérer les agriculteurs qui améliorent le stockage du carbone dans le sol.

Pour « retrouver des formes de compétitivité », LR veut aussi « interdire la surtransposition des normes » européennes et l’importation de produits « qui ne respectent pas nos normes ». « Arrêtons de nous tirer une balle dans le pied », a lancé le sénateur de la Haute-Loire, Laurent Duplomb.

Simplifier le référencement des produits locaux

LR veut aussi « augmenter significativement la part de production nationale dans la restauration collective » et instituer « un système de référencement simplifié pour les producteurs locaux » en grandes surfaces. Car « avec le confinement, les comportements des consommateurs ont évolué » pour privilégier les produits locaux, a relevé le député de l’Aisne, Julien Dive.

Sur ce point Michel-Édouard Leclerc a assuré que « Leclerc est en train de s’investir pour refranciser l’ensemble des gammes ». Mais « avec la crise du pouvoir d’achat il faut quand même faire gaffe qu’on ne soit pas renvoyés dos à dos », a-t-il ajouté.

Valorisation des métiers agricoles et de leurs filières de formation, amélioration de la gestion et du stockage de l’eau… LR compte enfin développer un étiquetage clair des produits. Il faut « améliorer l’information des citoyens », a ajouté Julien Dive, en regrettant qu’« on donne de plus en plus de poids aux lanceurs d’alerte, aux ONG, et de moins en moins aux scientifiques ».

AFP