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« J’ai créé le parti des agriculteurs »

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Politique - « J’ai créé le parti des agriculteurs »
L’ex-journaliste Caroline Van der Plas a créé en 2019 un parti politique dédié à la défense des agriculteurs et de la ruralité, elle dispose d’un siège au parlement depuis mars 2021. © Caroline van der Plas

L’ex-journaliste hollandaise Caroline van der Plas a lancé en 2019, aux Pays-Bas, un parti pour les agriculteurs. Son but : mieux représenter le monde rural sur la scène politique. Une initiative débattue au Space, à Rennes, le 15 septembre 2021, entre agriculteurs et communicants.

L’édition précédente avait consacré les actions de proximité réalisée par les éleveurs auprès des consommateurs et citoyens, pour mieux faire comprendre leur métier. La traditionnelle conférence du Syrpa au Space, à Rennes, menée le 15 septembre 2021, en collaboration avec Agriculteurs de Bretagne, a cette fois-ci débattu de méthodes plus musclées pour être entendu. Parmi les initiatives phares, celle de la Hollandaise Caroline van der Plas. Interviewée depuis les Pays-Bas, l’ex-journaliste spécialisée en agriculture est revenue sur la création de son parti agriculteur-citoyen (BoerBurgerBeweging), en 2019.

Un mouvement étendu aux ruraux

Le déclic est survenu pour Caroline van der Plas, après une nouvelle intrusion d’un militant animaliste dans un élevage, en mars 2019. L’activiste était resté pendant dix heures sur l’exploitation agricole. « Nous n’avions jamais connu pareil déchaînement, a-t-elle raconté. Face à cette agressivité, j’ai voulu réagir. » Dans le même temps, le parti animaliste hollandais ne cessait de gagner des places sur la scène politique. D’un siège au Parlement, il est rapidement passé à six sièges aujourd’hui. « Et les sondages les créditent de huit sièges si des élections devaient se tenir en ce moment. Il faut aussi savoir qu’ils sont représentés dans de nombreuses villes, ainsi qu’au Parlement européen. »

À 52 ans, la journaliste décide ainsi de se lancer en politique en créant un parti consacré aux agriculteurs. « Nos thèmes les plus discutés concernent le nitrate, le bien-être animal et la biodiversité. Notre objectif est de connecter les agriculteurs avec les citoyens, en particulier ceux habitant en milieu rural, qui vivent avec les agriculteurs au quotidien. Ensemble, nous nous opposons aux mouvements anti-agriculteurs. » Au départ, Caroline van der Plas avait bien pensé rejoindre l’un des partis politiques existants, « mais ils ne s’intéressent plus à l’agriculture. C’est la raison pour laquelle, j’ai créé mon propre mouvement. » Son obstination a payé : elle est parvenue à glaner son premier siège au Parlement, lors des dernières élections en mars 2021.

Rosanne Aries
« La question animale est devenue une question politique »
L’animateur Laurent Péron du cabinet Evoxya, François Arnoux (céréalier, Vendée), Guillaume Divanach (éleveur de vaches laitières et de porcs, Finistère), Dominique Gautier (éleveuse de porcs, Côte d’Armor), et le politologue Eddy Fougier lors du débat organisé par le Syrpa, Agriculteurs de Bretagne et le Space.  © Rosanne Aries
L’animateur Laurent Péron du cabinet Evoxya, François Arnoux (céréalier, Vendée), Guillaume Divanach (éleveur de vaches laitières et de porcs, Finistère), Dominique Gautier (éleveuse de porcs, Côte d’Armor), et le politologue Eddy Fougier lors du débat organisé par le Syrpa, Agriculteurs de Bretagne et le Space. © Rosanne Aries

« C’est important que l’on s’y mette tous », a réagi Dominique Gautier, éleveuse de porcs dans les Côtes-d’Armor (victime d’un « reportage tronqué sur l’agriculture » diffusé sur France 5, a rappelé le Syrpa), face à l’initiative de Caroline van der Plas. « Qu’ils soient politiques ou relèvent d’initiatives individuelles, tous les moyens sont bons pour communiquer avec le grand public et mieux comprendre ce qu’il attend de nous », a-t-elle ajouté. Pour le céréalier du sud de la Vendée, François Arnoux, la création d’un parti politique n’apparaît pas opportune. « Il suffit de faire passer des messages à ceux déjà en place. De mon côté, je prends du temps pour aller vers ces personnalités politiques. La plupart du temps, elles m’écoutent ».

« Les partis politiques qui défendent la ruralité, il y a eu et il y en a, a commenté de son côté, le politologue Eddy Fougier. Il apparaît évident aujourd’hui que la question animale est devenue une question politique. » L’expert a toutefois rappelé l’impact limité de l’action du parti animaliste en France. « Ça ne marche pas du tout dans les zones d’élevage par exemple, mais plutôt dans les villes, ou plus largement dans les zones où les animaux domestiques sont la référence, a-t-il précisé. Son électorat ressemble par ailleurs davantage à celui du Rassemblement national (RN) qu’à celui d’Europe Écologie-Les Verts (EELV). »

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