Dans le cadre du lancement du débat public sur l’avenir de l’agriculture, la FNSEA organisait deux tables-rondes autour de l’avenir de la Pac en compagnie d’Anne Sander et de Jérémy Decerle, deux députés européens.

1. Une politique commune

Anne Sander l’avoue, la tendance est à la nationalisation pour la Pac alors que celle-ci se devrait d’être commune. « La Pac permet que nous partagions les mêmes règles, explique-t-elle. C’est une garantie de traitement pour les agriculteurs. La Pac n’est pas seulement des revenus pour les agriculteurs. Ce sont aussi des règles communes, une organisation des marchés, une structuration des filières. »

Un marché unique avec une politique parfois difficile à structurer tant les productions peuvent être différentes entre États membres, permet malgré tout de « défendre les mêmes normes, défendre les IGP et même de limiter les distorsions de concurrence. « La Pac est souvent considérée comme une contrainte par les agriculteurs, par son cadre politique, nuance Anne Sander. La responsabilité revient aux États membres qui surtransposent les règles. »

2. Une politique climatique

« L’enjeu climatique revient souvent sur la table. Pour les agriculteurs, cela représente des contraintes et des dépenses supplémentaires. […] Au travers de la Pac, nous avons les moyens de favoriser la transition écologique. Il faut que les citoyens s’en rendent compte », renchérit la députée européenne.

Alors que la Pac est souvent reléguée à « une politique du passé », elle serait pourtant actrice et moteur du changement opéré par le monde agricole. Pour preuve, l’État français seul ne pourrait pas assumer les dépenses nécessaires pour accompagner les agriculteurs vers les demandes sociétales.

3. Une politique pour relever le défi de l’installation

La Pac doit également jouer un rôle pour relever le défi du renouvellement des générations en agriculture. C’est notamment elle qui finance une partie des aides à l’installation via le premier pilier. « Un travail est à faire pour montrer l’évolution du métier d’agriculteur », avoue Anne Sander. « C’est le rôle de l’Europe de communiquer auprès des citoyens », ajoute Jérémy Decerle.

Selon Jérémy Decerle, eurodéputé et ancien président de JA, l’Europe devrait s’inspirer du dispositif à l’installation français. © A. Gambarini/GFA

Pour relever ce défi, l’eurodéputé et ancien président de JA, admet que le dispositif à l’installation « solide et attractif » français pourrait être porté en exemple. « Il n’y a pas d’équivalent en Europe. Il faut un dispositif conditionné à un minimum de formations, complémentaires aux formations initiales », conseille-t-il.

La question de l’installation interroge aussi sur la gestion des risques pour les nouveaux installés, la politique d’accès au foncier et la définition de l’actif agricole. Un dernier sujet sur lequel Anne Sander admet que le cadre européen risque encore de tarder.

A. Gambarini