Alors que l’Assemblée est en plein examen de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, l’ex-ministre du PS Delphine Batho a affirmé que l’UIPP (Union de l’industrie de la protection des plantes) avait eu accès ces dernières semaines à son amendement d’interdiction du glyphosate « plus de 90 heures » avant les députés.

« Jamais en contact avec l’UIPP »

Interpellé à ce propos et sur d’éventuels échanges avec l’UIPP à ce sujet, Stéphane Travert a rétorqué : « Je ne suis jamais en contact avec l’UIPP. Ça commence à bien faire. […] Cela fait des semaines et des semaines qu’on m’insulte à longueur de journée, en disant que je suis aux mains des lobbies. C’est quoi, les lobbies ? Est-ce que c’est la FNSEA, est-ce que c’est la Coordination rurale, est-ce que c’est la Confédération paysanne, qui sont les organisations syndicales ? »

« Les petits marquis de l’écologie, ceux qui ont mis l’écologie politique par terre depuis dix ans, ceux qui ont fait en sorte que rien n’avance dans le domaine de l’écologie… […] Avec Nicolas Hulot, nous avons fait bien plus pour l’écologie en un an dans ce gouvernement que celles et ceux qui se répandent sur les plateaux pour dire que nous sommes aux mains des lobbies », assène-t-il.

« Je ne reçois jamais les lobbies »

Trouvant « curieux de retrouver des amendements comme ça dans la nature », le ministre enfonce le clou : « Je ne suis pas aux mains des lobbies, je ne reçois jamais les lobbies, et lorsque j’étais parlementaire, jamais je ne les ai reçus parce que je n’ai aucun intérêt avec eux. » Et d’indiquer qu’il se réserve « le droit d’apporter des suites » à ce type d’accusation.

Le retrait d’un amendement inscrivant l’interdiction du glyphosate dans le projet de loi a été qualifié de « rétropédalage » gouvernemental par les signataires d’une pétition réclamant une sortie de cet herbicide en France en trois ans. Des élus de plusieurs groupes, y compris certains marcheurs comme Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, espèrent néanmoins « de nouvelles avancées », dont une « programmation raisonnée de la fin du glyphosate » gravée dans la loi.

AFP