Le compte n’y est toujours pas pour le Modef. Après avoir vivement critiqué les mesures de soutien aux entreprises prises par le gouvernement en raison de la crise liée au covid-19, le syndicat de défense des exploitants familiaux est revenu à la charge.

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Dans un communiqué du 16 avril 2020, il a jugé « scandaleux que les petits producteurs ne puissent pas bénéficier du fonds de solidarité de cette aide, qui est vitale pour la plupart ». « Les petits producteurs sont une nouvelle fois les grands oubliés du gouvernement face à la crise du Covid-19 », a souligné le syndicat. Ceux-là seraient exclus du dispositif dans la mesure où « l’aide du fonds de solidarité est attribuée aux entreprises éligibles qui connaissent une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50 % au mois d’avril 2020 par rapport au mois d’avril 2019 ».

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Un versement « à tous les producteurs »

Ces conditions sont en train d’être modifiées par le gouvernement. Auditionné le 15 avril à l’Assemblée nationale, Bruno Le Maire a présenté un projet de loi de finances rectificatives, élargissant l’accès aux fonds. Il a notamment indiqué que le dispositif serait ouvert « aux entreprises en difficulté, en sauvegarde ou en redressement judiciaire » et aux agriculteurs membres d’un groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec). Les critères d’éligibilité devraient être modifiés pour prendre en compte la situation des conjoints collaborateurs.

Un décret du 17 avril est venu également préciser que le fonds de solidarité devenait accessible aux entreprises ayant subi une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er avril 2020 et le 30 avril 2020.

Une évolution qui serait encore loin de satisfaire le Modef. Le syndicat a demandé le 16 avril 2002 « que le critère du chiffre d’affaires soit supprimé pour les paysans et que le fonds de solidarité soit versé à tous les producteurs ».

Les banques pointées du doigt

Concernant les prêts de trésorerie garantis par l’État, le Modef a également accusé dans son communiqué les banques d’y mettre « des freins en demandant des éléments inadaptés pour justifier des prêts de trésorerie ». Celles-ci seraient « très réticentes » dans la mesure où elles n’auraient pas de frais de dossier et d’intérêts d’emprunt, selon le syndicat. Il a demandé que le gouvernement prenne un décret pour que les banques puissent apprécier l’éligibilité des demandeurs sur la base des « documents comptables certifiés au 31 décembre 2019 et l’état des dettes au 17 mars 2020 ».

« Il ne suffit pas au président de la République et au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de remercier les producteurs mais il faut aussi les aider à passer ce cap difficile et remettre en cause les politiques alimentaires menées depuis des décennies », a conclu le Modef.

Alexis Marcotte