« Ça fait partie toujours de ces débats, et je suis désolé, je ne le laisserai jamais passer. Vous avez, dans la même phrase, comparé les bios aux pollueurs/payeurs », a répondu, agacé, Julien Denormandie au sénateur Olivier Jacquin, au Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi de lutte contre le dérèglement climatique le 23 juin 2021.

L’intervention du sénateur n’est pas passée inaperçue. Alors que « le budget total pour la nouvelle Pac va augmenter en valeur absolue, pour l’agriculture bio et à l’hectare, il risque fort de diminuer », a-t-il commencé. Un discours qui rappelle celui tenu par la Fédération nationale de l’agriculture biologique lors d’une manifestation à Paris.

Tout en rappelant « qu’il ne s’agit pas d’opposer les différentes agricultures », le sénateur a expliqué qu’un « consommateur qui achète des produits bio [les paye] très cher, pour des raisons objectives, [alors qu’il paye également], par ses impôts, les externalités négatives de certains autres types d’agriculture qu’il ne consomme pas ».

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Le ministre piqué au vif

Il n’en fallait pas plus pour faire réagir le ministre de l’Agriculture. Élevage de brebis dans le Quercy, agriculture de conservation, plantation de haies, utilisation du biocontrôle, grandes cultures riches en protéines… Julien Denormandie n’a pas lésiné sur les exemples.

« L’éleveur de brebis du Quercy, meilleures amies des pompiers là-bas, qui n’est pas bio, vous allez lui dire, vous, c’est pas bien ? Vous allez dire à l’agriculteur qui fait de l’agriculture de conservation mais qui utilise un herbicide [et] à l’agriculteur qui fait des protéines, qui plante des haies, non mais t’es pas bio, donc t’es un pollueur ? Mais on marche sur la tête ! », s’insurge le ministre.

« À vouloir opposer les agricultures [et] en disant “d’un côté c’est blanc, d’un autre c’est noir”, c’est non seulement être complètement déconnecté de la réalité, mais c’est en plus s’enlever des opportunités énormes [pour réussir la transition agroécologique] », a-t-il poursuivi.

« Arrêtons d’opposer nos agricultures ! Pour s’engager dans la transition agroécologique, les solutions sont multiples et je continuerai de défendre tous ceux et celles qui s’en saisissent », a-t-il tweeté.

Raphaëlle Borget