Didier Guillaume a confirmé, le 16 avril 2020, lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale que la filière horticole devrait bénéficier d’un plan spécifique pour la soutenir face à la crise liée à l’épidémie de coronavirus.

Avec la filière de la pêche, l’horticulture serait la seule filière agricole à bénéficier d’un plan de soutien spécifique. « Nous savons que ce sera la filière la plus touchée, a justifié le ministre. Nous avons demandé des aides exceptionnelles au niveau de la Commission européenne ».

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Des mesures européennes pour le lait

Plusieurs députés ont évoqué la situation critique de la filière laitière et des filières de production de fromages AOP. Didier Guillaume a évoqué les « mesures très fortes prises par le gouvernement ». « D’abord des mesures nationales avec des mesures de soutien à l’activité, ensuite de l’intervention publique sur le beurre, sur la poudre de lait que nous avons ouverte automatiquement. »

« Au niveau européen l’aide stockage est absolument indispensable, poursuit le ministre. Pour l’instant, nous ne l’avons pas encore obtenu mais je pense que nous l’aurons. » Questionné sur le dispositif de réduction de la production mis en place par le Cniel, il a répondu : « Je pense qu’il « n’y a pas de bonne solution unique, et qu’il faut un mix de réduction et de stockage ».

Didier Guillaume s’est dit par ailleurs « assez réservé » sur l’utilisation de la réserve de crise dans la mesure où si elle n’est pas utilisée elle revient en temps normal aux agriculteurs. En effet, cette dernière est prélevée tous les ans sur les aides des exploitants qui perçoivent plus de 2 000 € de la part de l’Union européenne. Elle leur est ensuite restituée si elle n’est pas utilisée.

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La filière du bovin à viande en danger

À la demande du député Jean-Baptiste Moreau (LREM) de mettre en place du stockage privé avec des prix d’intervention « relativement corrects » pour éviter une déstabilisation importante de la filière du bovin à viande, le ministre a répondu qu’il avait demandé depuis plus de 15 jours l’activation du stockage privé à la Commission européenne.

« C’est très compliqué aujourd’hui avec la Commission européenne », a-t-il confié, un peu plus tard dans l’audition, évoquant la demande conjointe formulée par les 27 pour l’activation des mécanismes de crise.

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Mais le ministre estime que les problèmes de la filière, notamment sur la question des baisses de prix lié à la forte augmentation de la consommation de viande hachée, relèvent aussi de problèmes plus conjoncturels que de problèmes liés à la crise actuelle. « Cela pose à nouveau la question de l’organisation de la filière », a-t-il lancé.

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Marie Salset