« Il faut instaurer de la transparence » dans les négociations commerciales. « Si ce n’est pas possible avec la bonne volonté des uns et des autres, il faut légiférer », a insisté, Michel Biero, directeur exécutif des achats de Lidl France, au micro d’Apolline de Malherbe sur RMC, le 16 février 2021.

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Les prix minimums, un mécanisme « trop compliqué »

Interrogé par la journaliste sur la proposition de Michel-Edouard Leclerc de mettre en place des prix minimums pour les producteurs, Michel Biero a estimé que « c’est trop compliqué ». Il considère qu’il faut plutôt « légiférer pour mettre en place ou imposer des contrats tripartites entre l’éleveur, l’industriel et le distributeur », arguant que c’est le cas pour 20 % de l’assortiment de Lidl.

« Entre les prix bas pour le consommateur et les revenus décents pour les agriculteurs, sans aucun doute, je choisis les revenus décents pour les agriculteurs. Si on ne continue pas à les soutenir, si demain il n’y a plus d’éleveur en France, on ne mangera plus français », craint le patron de Lidl, distributeur pourtant connu pour ses prix bas.

Le modèle des marques de distributeur plus vertueux

90 % des produits vendus chez Lidl sont vendus sous marque de distributeur (MDD), un modèle « plus vertueux », selon Michel Biero. « On négocie un prix d’achat, on prend en compte la matière première, on y ajoute le coût de production, le coût de transformation le coût de distribution. Et on arrive à un prix d’achat, donc c’est beaucoup plus sain en termes de négociations », explique-t-il. Pour les grandes marques, « on part d’un tarif général imposé par la marque » et « la variable d’ajustement est le producteur ».

« Ce n’est pas forcément au consommateur de payer »

« Il n’est pas certain que le consommateur soit obligé de mettre plus sur la table, car entre l’éleveur et le consommateur, il y a la marge de l’industriel et la marge du distributeur. S’ils rognent un tout petit peu sur leurs marges, le prix de vente au consommateur peut rester le même. Ce n’est par forcément au consommateur de payer l’addition », a insisté le patron de Lidl, qui reconnaît avoir un modèle de distribution qui lui permet de rogner sur ses coûts de distribution et de structure.

Michel Biero estime qu’à ce jour « la loi Egalim n’a servi à rien car elle repose sur de la bonne volonté » des acteurs. Il a tout de même reconnu que « l’envie forte du ministre de l’Agriculture de faire bouger les choses » s’est entendue lors du dernier Comité de suivi des relations commerciales le 29 janvier 2021.

Le rendez-vous est donc pris pour le prochain comité de suivi, ce mercredi 17 février 2021.

Marie Salset