Le projet de règlement bio européen a obtenu mercredi le feu vert de la commission de l’agriculture du Parlement européen, par 29 voix contre 11, et 4 abstentions. Le texte doit encore être approuvé formellement par le Parlement européen et le Conseil afin de pouvoir entrer en vigueur au 1er janvier 2021.

Lutter contre les fraudes sur les importations

Pour Éric Andrieu, co-rapporteur du dossier, « l’adoption de ce texte était indispensable pour l’avenir de la filière biologique en Europe », même s’il estime qu’il faudra encore aller plus loin. Grâce notamment à la suppression progressive du système d’équivalence de normes, au profit d’une exigence de conformité aux normes européennes, « cette nouvelle législation va permettre un renforcement de la lutte contre la fraude sur les produits biologiques importés des pays tiers qui représentent 30 % de notre consommation ». L’eurodéputé juge que « les producteurs européens seront désormais placés sur un pied d’égalité avec les producteurs étrangers ».

« Les importateurs grincent des dents et les industriels de la transformation également, ce qui est plutôt bon signe », renchérit José Bové, qui évoque « un pas dans la bonne direction ». L’eurodéputé salue également une « bonne nouvelle » du côté des semences : « L’agriculture biologique va enfin pouvoir relancer, développer et commercialiser des semences destinées aux paysans bio. Jusque-là, les producteurs étaient nombreux à devoir utiliser les semences de compétition développées par les grands groupes semenciers. »

Adoption du volet agricole du règlement omnibus

La commission de l’agriculture du Parlement a également donné son feu vert à l’adoption du volet agricole du règlement omnibus, par 39 voix contre 5. Ce règlement « fourre-tout », qui comporte notamment des mesures liées à l’organisation des producteurs et la gestion des risques, doit lui aussi encore être voté en plénière, puis adopté par le Conseil de l’Union européenne, pour une mise en œuvre au début de 2018.

Bérengère Lafeuille