« L’impact sur le commerce transatlantique peut être extrêmement problématique », a lancé Sonny Perdue, lors d’un entretien téléphonique avec plusieurs médias. Le ministre américain assure avoir communiqué ses réserves à la Commission européenne. Bruxelles entend lancer dans le cadre de son « Pacte vert » (Green deal) une stratégie « de la ferme à la fourchette » (« farm to fork ») qui élargirait la Politique agricole commune à une quasi-politique alimentaire commune, englobant agriculture, alimentation, santé et environnement.

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Le Green deal européen dans le collimateur de Washington

Avec le Green deal, Bruxelles veut réduite l’utilisation des pesticides, des antibiotiques en élevage, envisage un étiquetage nutritionnel ou sur le bien-être animal, par exemple. Et la Pac serait le principal outil de mise en œuvre de ce pacte vert. « Chaque nation souveraine a le droit de déterminer les cadres et réglementations pour son alimentation et ses productions agricoles (...) mais si vous tentez d’imposer ces normes dans le commerce international, cela devient très problématique », a insisté Sonnie Perdue.

Washington est-il prêt à poursuivre l’Union européenne devant l’Organisation mondiale du commerce ? « Cela reste à voir, je n’aime pas agiter des menaces, a répondu Sonny Perdue. Le choix est le facteur clé. Si nous exportons des aliments vers l’Union européenne et que les consommateurs n’en veulent pas, c’est la loi du marché. Ce que nous demandons, c’est de laisser les consommateurs décider », soutient-il.

« Une politique très regrettable »

La stratégie européenne est « une politique très regrettable qui affectera le commerce international et la production alimentaire mondiale (...). Ce pacte vert conduira au protectionnisme, j’en ai bien peur (...) car il ne sera pas compétitif », a estimé Sonny Perdue. Concernant d’éventuelles limitations beaucoup moins drastique sur l’usage des pesticides et d’OGM aux États-Unis, le ministre américain a évoqué une orientation « erronée » de l’Union européenne.

« Si les agriculteurs européens sont empêchés d’utiliser des technologiques modernes qui ont été incroyablement couronnées de succès aux États-Unis, où nous produisons davantage d’aliments sur moins d’hectares, alors (...) ils n’auront d’autre choix que le protectionnisme », observe Sonny Perdue. Et de souligner que les États-Unis aussi se sont fixés des « objectifs de durabilité » pour maintenir des prix alimentaires «abordables» et le revenu des agriculteurs.

Avec l’AFP