L’équinoxe d’automne sera désormais la journée européenne de l’agriculture biologique : le 23 septembre 2021, les instances européennes ont décidé d’instaurer et de pérenniser cette journée (Organic day) en faveur des agriculteurs biologiques sur le continent. Cette initiative commune à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil avait été annoncée le 25 mars 2021 au cours de la présentation du plan européen pour le développement de l’agriculture biologique.

« Sensibiliser l’opinion »

« Cette journée sera l’occasion de sensibiliser l’opinion à la production biologique et de promouvoir le rôle essentiel joué par cette dernière dans la transition vers des systèmes alimentaires durables », résume le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski.

Au-delà de l’opération de communication, cette journée vient soutenir le plan d’action qui se donne pour ambition politique, sans pour autant pouvoir forcer les États, de consacrer au moins 25 % des surfaces agricoles à la production biologique en 2030. Le plan prévoit des outils pour atteindre un tel objectif grâce à 33 actions articulées autour de trois axes :

  • Encourager la consommation ;
  • Accroître la production ;
  • Continuer à améliorer la durabilité du secteur.

L’agriculture biologique dans les ambitions européennes

Ce plan se veut cohérent avec les deux stratégies du mandat d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne : De la ferme à la fourchette (Farm to fork) et Pour la biodiversité (Biodiversity). Depuis quelques semaines, ces stratégies font l’objet de plusieurs critiques, en particulier quant à la baisse de production agricole qu’elles impliqueraient.

À la fin de juillet, une étude (dite Capri, du nom de l’outil de modélisation utilisé) de l’unité de recherche de la Commission européenne a conclu à une chute de la production européenne de 13 % en céréales, 12 % en oléagineux et 7 % en fruits et légumes.

En septembre, une recherche de l’université allemande de Kiel, demandée par le lobby céréalier allemand, Grain club, conclut à une baisse de la production européenne de l’ordre de 20 % pour les céréales, les oléagineux et la viande bovine et de 6 % pour le lait.

> À lire aussi : La stratégie « De la ferme à la fourchette » jugée « insoutenable » (08/09/2021)

« Ce ne sont pas des études d’impact »

Janusz Wojciechowski a répondu en deux temps à ces critiques. Le matin du 23 septembre, il rappelle sur son fil Twitter que ces prospectives ne sont pas des études d’impact et que celle-ci ne pourra pas être sérieusement faite avant que tous les États aient rendu leurs plans stratégiques nationaux (PSN).

Productif et biologique, les deux sont possibles

Interrogé plus tard par la presse lors de la présentation de la journée européenne de la bio, il a exprimé sa propre position : « Les stratégies Farm to fork et Biodiversity ne sont pas un plan pour réduire la production agricole mais pour augmenter les standards de production. »

« L’agriculture biologique est, au contraire, une solution pour les petites et moyennes fermes qui ne peuvent pas entrer dans la course à la production, poursuit le commissaire européen. Avec leurs parts élevées de production biologique, l’Autriche et l’Italie montrent que c’est possible. » À ses côtés, l’eurodéputé Benoit Lutgen approuve : « Productif et biologique, les deux sont possibles. »

Éric Young