Une délégation de 180 personnes des régions ultra-périphériques (RUP, les neuf territoires ultramarins de l’Union européenne) était lundi et mardi à Bruxelles pour défendre le programme d’option spécifique à l’éloignement et à l’insularité (Poséi), déclinaison de la Pac pour les Outre-mer, que la Commission européenne souhaitait baisser.

Au début de juin, la Commission européenne a annoncé son souhait de baisser les aides directes de la Pac, et « contre toute attente, alors que nous avions des promesses assez sérieuses — et publiques — du président de la Commission Jean-Claude Juncker de ne pas toucher au Poséi, ainsi que le soutien avéré du Parlement européen » sur ce sujet, « la commission a mis le Poséi dans les baisses », a expliqué à une journaliste de l’AFP Gérard Bally, délégué général d’Eurodom, au cours d’un entretien téléphonique.

Après avoir rencontré tous les eurodéputés des RUP (Madère, Canaries, Açores, Saint-Martin, Guyane, Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion), dont elle a obtenu le soutien, la délégation a rencontré mardi matin le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan, et celui aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

Île de la Réunion. © Rosanne Aries/GFA

« Nous avons obtenu de Phil Hogan une déclaration indiquant que la Commission européenne acceptait de revoir sa position, et ne pas toucher au Poséi, si nous avons toujours le soutien du Parlement et des trois pays membres » (qui ont des RUP, c’est-à-dire France, Portugal et Espagne). « Il l’a dit de manière très claire », « ça devient un engagement politique de la Commission », a expliqué M. Bally.

« Dans les îles, même si la Guyane n’en est pas une, l’agriculture est le socle de l’économie », a-t-il argumenté. « Il y a une condamnation géographique à une production agricole minimale. »

Selon lui, « les aides directes participent au maintien d’un revenu équitable au producteur », a-t-il ajouté, et toute baisse des crédits alloués aux RUP entraînerait « un retour en arrière pour ces territoires marqués par des contraintes propres » (insularité, superficie réduite, éloignement du continent, conditions climatiques et géographiques difficiles, etc.).

De plus, dit-il, l’agriculture apporte une réponse au chômage dans ces territoires. Ainsi, la banane est le premier employeur privé des Antilles françaises et représente 8 % de l’emploi aux Canaries, le sucre est le premier employeur privé à La Réunion.

Avec l’AFP