Dans une lettre adressée le 24 mars 2020 au commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, et à la ministre croate de l’Agriculture, le président de la commission de l’agriculture du Parlement européen, Norbert Lins, demande la mise en place d’un plan d’urgence pour accompagner les agriculteurs européens face à l’épidémie de coronavirus.

De nombreuses difficultés pour les agriculteurs

« Les agriculteurs européens ont non seulement du mal à poursuivre leur travail quotidien, mais plus encore, sont confrontés à des difficultés croissantes pour accéder aux moyens de production et pour livrer leurs produits aux consommateurs », constate l’eurodéputé.

Dans la mesure où il ne sait pas quand la crise va se terminer, le président de la commission de l’agriculture du Parlement européen demande à Bruxelles de faire preuve de flexibilité et de simplifier les procédures liées à la Pac, par des « dérogations », en ce qui concerne les délais de paiement et les contrôles, et ce jusqu’au 31 décembre 2020.

Fluidifier la circulation des denrées et des travailleurs

« Nous invitons la Commission à aller plus loin [en ce qui concerne la circulation aux frontières], en permettant non seulement aux denrées alimentaires de passer les frontières via les « voies vertes », mais également en autorisant les intrants essentiels, tels que les aliments pour animaux, les engrais et les produits phytopharmaceutiques, ainsi que les ingrédients et les matériaux pour l’industrie agroalimentaire, afin de leur permettre de continuer à fournir leurs produits essentiels aux consommateurs européens », a-t-il déclaré.

Il demande aussi à Bruxelles de faciliter la circulation des travailleurs en leur accordant des « laisser passer », tout en prenant « des mesures permettant la pleine protection » de ce travail saisonnier contre l’épidémie de Covid-19.

Même si l’Union européenne a pris, le 19 mars, un règlement transitoire de crise permettant aux États membres de soutenir leurs entreprises touchées par la crise. Norbert Lins estime qu’il faut aller plus loin et mettre en place des mesures pour stabiliser les marchés comme le stockage privé.

« Des cartels de crise »

De son côté, l’eurodéputée française Anne Sander (LR) a demandé dans une lettre également adressée au commissaire européen, le 24 mars, l’adoption d’une « stratégie d’ensemble de gestion de crise ». Elle réclame la mise en place de mesures d’aide au stockage privé, notamment dans les secteurs laitiers et de l’élevage, et de mesures exceptionnelles.

Elle insiste également sur la nécessité d’aller « au-delà de la lettre des règles de l’organisation commune des marchés (OCM) » et de « proposer des mesures nouvelles » pour soutenir les agriculteurs notamment d’un point de vue financier.

Elle demande que Bruxelles mette en place des mesures « permettant à nos agriculteurs et leurs organisations de s’organiser en cartels de crise, afin de mettre en place de manière concertée une planification temporaire de la production, des retraits de produits du marché, de la distribution gratuite ou encore l’entreposage de produits communs ».

Marie Salset