Au lendemain d’une réunion du ministre de l’Agriculture avec les cinq syndicats agricoles, la Confédération paysanne a tenu une conférence de presse le 7 avril 2021 pour rappeler ses revendications pour la future Pac. Laquelle devrait, selon le syndicat, réviser en profondeur la répartition des aides pour répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et alimentaires.

La Confédération paysanne prévoit des manifestations à Lyon (le 12 avril 2021), Rennes (13 avril 2021) et Limoges (14 avril 2021) ainsi que des actions locales pour interpeller les élus. Nicolas Girod, porte-parole national du syndicat, espère ainsi « mettre la pression au ministre mais aussi à Matignon, au ministère de la Transition écologique et à l’Élysée ».

« Sortir d’une Pac agricolo-agricole »

Cette mobilisation pourrait être une réponse aux manifestations des producteurs du Grand Bassin parisien de la FNSEA du 2 avril 2021 : « Les forces de l’immobilisme sont à l’œuvre pour que rien ne change. On ne peut pas l’accepter », s’agace le président du syndicat Nicolas Girod, qui attend des avancées pour une politique agricole commune ambitieuse socialement et qui réussisse la transition agroécologique : « Il ne s’agit plus de défendre son pré carré. Il faut sortir d’une Pac agricolo-agricole, et répondre aux attentes des citoyens et des consommateurs. »

Pour une aide forfaitaire aux petits agriculteurs de 5 000 €/an

Sensible au renouvellement des générations, la Confédération paysanne milite pour des aides encourageant l’emploi et les actifs agricoles via trois mécanismes :

  • le paiement redistributif porté de 10 à 20 % du premier pilier — soit un montant estimé à 100 €/ha — sur les 52 premiers hectares,
  • la majoration sur les 34 premiers hectares pour tous les nouveaux installés,
  • et une aide forfaitaire aux petits agriculteurs de 5 000 € par an.

Ces arbitrages demanderaient un budget de 600 millions d’euros, avance le syndicat, qui pourrait être financé par l’application du plafonnement et de la dégressivité des aides découplées. « 25 % des agriculteurs touchent moins de 5 000 € du premier pilier, et 11 % moins de 1 250 €. C’est inadmissible que la Pac oublie autant de producteurs », relève Laurence Marandola, membre de la commission en charge de la Pac au syndicat.

Un bonus pour la bio dans les écorégimes

« Le ministère n’a pas présenté de scénario clair en faveur d’augmentation du budget pour les mesures agroenvironnementales ni le maintien en bio », regrette Claire Garrot, de la Commission Pac de la Confédération paysanne. Quant aux écorégimes, le ministère a annoncé que plus de 70 % des agriculteurs rentraient d’office dans les critères, rapporte-elle. Or, les écorégimes sont l’opportunité d’accompagner la transition agroécologique, avec l’objectif « qu’en 2027 tout le monde puisse toucher les écorégimes ».

Le syndicat propose que les pratiques soient une porte d’entrée aux écorégimes, et que les actions en faveur de la biodiversité et l’agriculture bio permettent de cumuler des bonus supplémentaires.

Sur les autres scénarios proposés par le ministère, la Confédération paysanne demande que soit retravaillée l’aide à l’UGB et l’aide aux fruits et légumes

Sophie Bergot