Il aura fallu plus de quatre jours pour que les négociations entre les 27 chefs d’État des pays membres de l’Union européenne aboutissent à un accord sur le cadre pluriannuel financier (CPF) pour la période 2021-2027. Le budget de la Pac et celui consacré à la relance ont été au cœur des échanges qui ont abouti le 21 juillet 2020 au petit matin.

20 milliards de plus que la proposition de la Commission

386 milliards d’euros courants seront destinés aux deux piliers de la Pac. Un montant supérieur à la période 2014-2020 (380 milliards d’euros courants) et bien au-delà de la proposition initiale de la Commission européenne en 2018, qui prévoyait un budget de 365 milliards d’euros. C’est tout de même 5 milliards d’euros de moins que dans la proposition dévoilée par le président du Conseil le 27 mai 2020.

Baisse des aides directes

Les sommes allouées aux agriculteurs français sont globalement stables et atteignent 62 milliards d’euros. Les aides directes comptent pour 51 milliards d’euros, soit 1 milliard de moins qu’en 2014-2020. Une baisse justifiée par « la solidarité entre pays membres », explique le cabinet du ministre de l’Agriculture. Le second pilier est, quant à lui, revalorisé et bénéficie en plus d’une partie du plan de relance, mais moindre que prévu. Les 27 ont en effet décidé de flécher 7,5 milliards d’euros du plan de relance pour abonder le second pilier — au lieu des 15 milliards proposés le 27 mai 2020. « La manière dont cette somme sera utilisée reste à définir », précise le cabinet du ministre.

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, le 21 juillet dans la cour du ministère. © B. Quantinet

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, s’est félicité ce 21 juillet 2020 au matin de la conclusion de cet accord qu’il qualifie d’« historique », estimant qu’il permettra « d’avoir une agriculture européenne encore plus forte, grâce à une Pac bénéfique aux agriculteurs et à l’ensemble des Français ».

Bertille Quantinet