La Confédération paysanne ne lâche pas l’affaire : « Considérer le monde comme un marché unique est une idéologie qui ne profite qu’aux multinationales », réaffirme-t-elle dans une lettre ouverte adressée au président de la République, le 16 novembre 2017. Nous voulons un monde ouvert, dans lequel les échanges internationaux se feraient sur base du principe de souveraineté alimentaire, en permettant aux États de protéger leur agriculture face aux produits étrangers à bas coûts. »

Contre l’agrandissement et la spécialisation des fermes

Fort de cette ambition, le syndicat invite Emmanuel Macron à « mettre un terme à la négociation d’accords commerciaux de libre-échange (Mercosur, USA, Australie, Vietnam…) et rejeter le Ceta. » Surtout, il joint à son courrier son « projet de politique agricole et alimentaire commune (Paac) post-2020 », invitant à une régulation des marchés et une maîtrise des productions.

« Ce ne sont pas les assurances privées, couvrant une minorité des agriculteurs, qui vont permettre de gérer la volatilité des marchés et les aléas climatiques, écrit Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne. Ces assurances, injustement financées par la Pac, ne pourront jamais jouer le rôle qui revient aux politiques publiques. »

Il ajoute, en référence au discours présidentiel du 11 octobre 2017 lors des États-généraux de l’alimentation : « Vous avez affiché l’objectif de montée en gamme de notre agriculture et la transition agricole au service des consommateurs et des consommatrices. La Pac actuelle ne répond pas à cet objectif et favorise l’agrandissement et la spécialisation des fermes. […] La production d’aliments de qualité nécessite une transition agricole qui ne pourra se faire avec des aides découplées à la surface mais avec de vraies mesures d’accompagnement de la transition agricole rémunérant le changement de pratique et le maintien de pratiques vertueuses. »

Alain Cardinaux