Le doublement du paiement redistributif sur les 52 premiers hectares, et un nouveau transfert entre pilier 1 et pilier 2 : voilà ce que réclame la Confédération paysanne dans une lettre ouverte au ministre de l’Agriculture.

Comme chaque année, les États membres doivent en effet notifier à Bruxelles avant le 1er août les modifications qu’ils comptent opérer dans la mise en œuvre nationale de la Pac en 2019. Pour la Confédération paysanne, voilà l’occasion pour le gouvernement de « montrer sa détermination à soutenir l’emploi agricole et à la transition des systèmes, de prendre la mesure de la situation des paysannes et paysans en faisant un geste fort en leur faveur ».

Concernant le paiement redistributif, le syndicat rappelle que « les fermes bénéficiant de cette aide sont celles qui ont moins de 100 ha par actif paysan (transparence Gaec), ce qui correspond à plus de 8 fermes sur 10. Sachant que 50 % des aides vont à 20 % des fermes, il serait logique de rééquilibrer cette situation en prélevant sur ces 20 % des fermes mieux dotées pour les répartir aux 80 % des fermes restantes. »

De fait, l’augmentation progressive du paiement redistributif, de 15 €/ha en 2015 jusqu’à 100 €/ha dès 2018 initialement, avait été gelée par le ministère en 2016. Une mission d’évaluation des effets de cette redistribution, commandée par le ministère, devait rendre ses conclusions cet été. Le ministère attendait son retour avant de décider, ou non, de poursuivre la revalorisation du paiement redistributif.

Sur le nouveau transfert entre piliers, la Confédération paysanne rappelle que « plusieurs centaines de millions d’euros manquent pour financer l’aide à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique, alors que le gouvernement affiche une volonté d’atteindre 15 % des surfaces en bio en 2022 et 20 % en restauration collective ». Et que le trou est également béant pour les MAEC, sans parler des besoins pour l’ICHN…

La Confédération paysanne risque toutefois d’être déçue : Stéphane Travert a déjà eu l’occasion de réaffirmer, plusieurs fois, qu’il n’y aurait pas de nouveau transfert.