Les ventes du commerce équitable ont progressé de 22 % pour les filières françaises en 2020, pour atteindre 645 millions d’euros, selon l’observatoire annuel publié le 6 mai 2021 par l’association Commerce équitable France (1). Un chiffre qui a plus que doublé en trois ans. Les ventes de 2017 atteignaient 323 millions d’euros.

Les produits du commerce équitable ont le vent en poupe. Le marché global — France et international — représente 1,827 milliard d’euros en 2020, il a progressé de 12 % par rapport à 2019. Depuis 2014, le marché du commerce équitable s’est ouvert aux produits d’origine France. Ils représentent 35 % du total.

Fruits et légumes et produits laitiers

Sur le territoire français, 90 groupements, représentant 10 200 producteurs, sont engagés dans une filière de commerce équitable. Ils étaient seulement 4 000 en 2016. 95 % des produits vendus sont alimentaires.

Pour les produits origine France, 51 % sont des produits de boulangerie, viennoiserie, 21 % des fruits et légumes et 11 % des produits laitiers. Les ventes de ces deux dernières catégories ont fortement progressé en 2020 avec +63 % de vente en fruits et légumes et +200 % en produits laitiers.

Le duo équitable et bio en progression

Même si tous les produits équitables ne sont pas forcément bio, une majeure partie a la double labellisation — bio et équitable — soit 59 % des produits pour les filières françaises.

« Le commerce équitable en garantissant des prix stables et rémunérateurs aux producteurs facilite et accélère les conversions en agriculture biologique », analyse Commerce équitable France. En France, la part des produits à double labellisation est passée de 44 % en 2016 à 59 % en 2020.

Les ventes en grandes et moyennes surfaces ont progressé passant de 14 % en 2018 à 29 % en 2020. Les boutiques bio restent toutefois le premier réseau de vente avec 39 % des ventes réalisées par ce canal en France.

Pas de transition agroécologique sans revenus

Commerce équitable France s’interroge sur l’efficacité de la proposition de loi de Grégory Besson-Moreau « visant à protéger la rémunération des agriculteurs », remarquant qu’elle a repris un certain nombre des principes du commerce équitable mais pas les considérations environnementales.

« Pour avancer durablement sur la question du revenu agricole, il faut intégrer les enjeux environnementaux et de biodiversité. Faire croire qu’on peut mener une politique publique pour relever les revenus agriculteurs sans qu’elle s’intéresse à l’adaptation aux enjeux environnementaux et de biodiversité, c’est leur mentir. Tout comme il apparaît illusoire d’imaginer embarquer les agriculteurs dans la transition agroécologique sans régler les questions de revenu », estime José Tissier, président de Commerce équitable France.

L’association appelle à « un changement d’échelle ». « Le commerce équitable peut être un élément de réponse au défi de la pauvreté et des inégalités et à celui du dérèglement climatique et de l’érosion de la biodiversité grâce à une approche intégrée des problèmes environnementaux et sociaux », revendique José Tissier.

Marie Salset

(1) Commerce équitable France est le collectif de concertation et de représentation des acteurs français du commerce équitable. L’observatoire compile exclusivement les données garanties par des labels de commerce équitable (Max Havelaar, Producteurs paysans, World fair trade organisation, Label Tourisme équitable, Équitable et bio — Biopartenaire, Fair for Life, Agri Ethique France, Bio Equitable France.